Chapitre 6 - le dilemne

Chapitre 6 - le dilemne

Ouvrant les yeux , toujours frémissante d'un désir ardent pour Bill , Sam aperçut Tom dans la cour en contre bas. Il faisait presque nuit maintenant pourtant tous deux collés au mur contre la baie vitrée, n'avaient pas conçu, dans leur élan, qu'il puisse y avoir quelqu'un pour les surprendre.

Tom fumait mais ne regardait pas dans leur direction. Pourtant, une seconde plus tôt, elle était convaincue d'avoir ressenti comme un regard écrasant sur eux qui la fit s'écarter de ce corps collé au sien.

Sam contempla de nouveau cet ange aux ailes ténébreuses qui venait, l'espace d'un instant de la faire pénétrer en enfer. Cette fois elle le repoussa doucement pour se dégager de son emprise.

- non Bill..., haleta la jeune femme ne pouvant ôter de son esprit l'impression que son frère les épiait.

- on peut pas faire ça ! J'ai pas le droit de faire ça ! serrant les dents.

Bill redressa la tête et dégagea sa main de dessous sa blouse. Il les plaça sur les hanches de Sam et appuya de nouveau son bassin contre le sien. Son torse se soulevait toujours comme s'il venait de courir un marathon. Il haletait et souhaitait ardemment finir cette course.

- Bill !!! insista la jeune femme.

Le regard de ce dernier s'obscurcit illico sentant le corps de sa belle se dérober au sien. Il recula, toujours les mains sur ses hanches. Dans ses yeux, Sam lisait toute la détresse du garçon.

- non Bill, ce n'est pas toi ! le rassura Sam en prenant son visage dans ses mains, ... ce n'est pas toi ... c'est moi !

- mais... je le sais... tu as envie aussi... tout comme moi... je te veux Sam... je te veux maintenant ! souligna Bill.

- oh mon dieu... mon Bill... mon c½ur...tu ne peux pas savoir à quel point moi aussi j'ai envie de toi !

Sam jeta de nouveau un coup d'½il de biais vers la cour mais Tom n'était plus là.

- mais je n'ai pas le droit de m'abandonner à mes faiblesse tu comprends ça ?

Bill posa un main sur le mur et laissa l'autre choir le long de son corps frêle.

- non je ne comprends pas Sam , c'est mon âge qui te pose un problème ? lâcha t'il froidement. Je ne suis que ça pour toi, une faiblesse ? Et tout ce que tu m'as dit alors, je pensais que je comptais pour toi ?

- non... heu oui ! se rattrapa t'elle. Enfin... Bill tout ça n'a rien à voir avec toi... j'ai des sentiments pour toi, des sentiments incontrôlables et interdits qui me font peur... j'éprouve cela depuis si longtemps maintenant que j'en crêve de ne pouvoir les hurler haut et fort. Tu prenais ça pour de l'éloignement, Gus m'a dit que tu ne savais pas pourquoi je t'évitais ces derniers jours, mais cela n'avait rien à voir !

- je ne pensais pas que je pouvais... t'intéresser... hésita Bill - parfois j'ai l'impression de t'exaspérer...

- oui... comme chacun d'entre vous Bill... mais on ne peut faire ça ! Pas aux yeux de tous en tous cas ! T'image si David venait à l'apprendre, je serai viré sur le champs! J' ½uvre pour toi, pour vous tous ici ! J'ai un contrat qui m'enchaîne à votre maison de disques et tu n'as pas idée de la complexité des choses concernant les closes. Pourquoi à ton avis je n'arrive jamais en même temps que vous sur tous vos déplacements ? Pourquoi je dois passer par "derrière" ou à la "dérobade" en général ? Parce qu'il est hors de question qu'on me surprenne en votre compagnie...

- parfois je déteste David !...

- David n'y est pour rien Bill et d'ailleurs je lui suis très reconnaissante de m'avoir fait confiance de la sorte car au début il n'était pas question qu'une femme soit prise pour vous suivre ainsi ! Il s'est battu pour que je reste parce qu'il pensait sûrement que cela en valait la peine ! Mais mon contrat est draconien et je n'ai pas le droit de faire un faux pas en ce qui vous concerne!

- si jamais j'étais prise à être trop "lié" au groupe sur les photos "volées", imagines-tu les retombées que cela pourrait avoir ? Universal a fait de vous un "produit" de marketing Bill !

- comment ça ?!

- ils n'ont pas intérêt dans les hautes sphères à ce que soyez "émotionnellement attachés" parce que vous êtes beaucoup plus "vendeurs" en étant des c½urs à prendre !

Bill restait silencieux face aux explications de Sam mais n'en demeurait pas moins contrarié. Il pivota et s'adossa lourdement au mur à côté de le jeune femme. Cette dernière, sans le regarder, lui attrapa la main.

- je te demande pardon Bill, ... mais je ne veux pas prendre le risque de ne plus être prêt de toi ... si mes sentiments pour toi sont étalés au grand jour... je ne serai pas assez forte Bill, pas assez forte pour supporter la pression que cela pourrait engendrer ou d'être contrainte de me bannir du groupe... et je ne veux pas être séparé de toi... pas maintenant !

Sam se tourna vers Bill. Tous deux étaient dos au mur, main dans la main avec l'air plus grave que jamais alors que 5 minutes plus tôt ils étaient enlacés, s'échangeant un baiser qui en disait long sur leurs sentiments et que rien n'aurait pu ébranler. Au même instant un bruit de pas se fit entendre dans l'escalier. Sam ajouta avant se s'enfuir en direction de sa chambre, sans regarder Bill cette fois.

- je préfère rester à tes côtés et endurer cette situation plutôt que de te quitter et vivre loin de toi... si c'est seulement à ça que j'ai droit alors je prends, parce que je ne pourrais plus jamais vivre sans que tu sois près de moi...si tel est mon châtiment alors je l'accepte...mais si tu veux que je parte alors je partirai... je suis désolé... je t'aime... mon seul crime...c'est d'être tombé amoureuse du chanteur... d'être tombé amoureuse de toi Bill ...
Puis Sam disparut, les yeux brillants de ce qu'elle venait d'admettre à Bill qui n'eut pas le temps de rétorquer quoi que ce soit.

A peine était-elle dans sa chambre que la porte de l'appartement s'ouvrit sur Tom. Il pénétra dans la salon plongé dans l'obscurité ou seule la lueur de la nuit à peine tombée, permettait de distinguer encore les formes alentours.
Bill ne capta pas sur le moment, mais bien que son frère ne le distinguait pas, il s'adressa à lui sans le chercher. C'était une habitude en fait, la connexion qui les unissait était imperceptible mais particulièrement puissante.

- qu'est ce que tu fou dans le noir ? demanda Tom

- rien... répondit Bill s'avançant au devant de son frère... je réfléchissais c'est tout...

- tu réfléchis toi ? taquina le jumeau - C'est nouveau ça ?! continua Tom lui assenant un coup de poing dans l'épaule.

- t'es vraiment qu'un pauvre crétin... renchérit Bill

- non MOI je suis beau et TOI tu es un crétin ! Allez, arrives, on t'attend pour une partie de Baby, j'arrête pas de prendre des tôles par les deux autres gus alors il faut qu'on les écrase !

La porte se referma et le silence immergea de nouveau la pièce. Sam dans sa chambre était l'oreille collée à la porte mais rien de dramatique ne parvint à elle. Elle persistait pourtant à croire que Tom les avait surpris et ce qui l'inquiétait le plus c'était de savoir ce qu'il allait encore mijoter. Et puis elle se ravisa, en définitive, peut-être qu'il n'avait rien vu et que ce n'était que son imagination qui lui jouait un vilain tour. Se prenant la tête dans les mains elle éclata d'un rire nerveux.

- mais qu'elle conne vraiment ! si tu ne lui as pas fichu la trouille avec tout ça t'auras bien de la chance !

Se passant l'index machinalement sur les lèvres elle se rémora, les paupières closes, la morsure du baiser brûlant de Bill. A cette pensée, une sensation ardente se fit de nouveau sentir au creux de son bas ventre. Elle resserra les cuisses un peu plus pour surprendre plus profondément la couture de l'entrejambe de son jean comprimer son clitoris qui ne demandait qu'à exploser dans une jouissance absolue. Elle se redressa ragaillardie et rougissante. Elle se dépouilla prestement de ses vêtements se précipitant dans sa salle de bain pour se mettre sous la douche. Elle resta un moment, comme ça, à attendre que le désir retombe, mais rien à faire, Bill était encore trop présent dans sa chair. C'était indéfinissable, mais si elle ne se contentait pas dans l'instant, elle perdrait la sensation d'avoir fait l'amour avec lui. Et elle en avait terriblement envie. C'était viscérale, elle, d'ordinaire assez prude, se surprenait à avoir des pensées voluptueuses intenses à assouvir. Elle n'avait jamais connu cela auparavant, désirer quelqu'un à ce point. Bill était le premier à la mettre dans cet état et il n'avait pourtant rien fait à part l'embrasser. Elle ferma les yeux et de nouveau l'image de Bill haletant dans son cou se dévoila. Elle entreprit de se caresser.

L'eau brûlante ruisselant sur elle, donnait à la scène un caractère très érotique. Elle se cambra, poursuivant son ascension. Elle monta de ses cuisses vers son ventre ne s'attardant pas sur le point le plus ardent, apeurée à l'idée de perdre l'image de son Bill en allant trop vite à calmer son appétit. Elle remonta jusqu'à ses seins les prenant à pleine mains imaginant son jeune amant dans cette étreinte brutale. Ensuite du bout de son index elle en frôla les pointes qu'elle sentit durcir et se dresser. La sensation qu'elle en éprouvait lui arracha un petit cri de plaisir. Elle dévala lentement le long de ses côtes, son sternum et s'attarda sur son nombril, jouant avec l'étoile de son perçing.

L'image de Bill disparaissant peu à peu, la jeune femme emprisonna sa main entre ses cuisses. Elle ne joua que peu de temps de son sexe car sa jouissance fut très rapide et pourtant si intense. Ses muscles tendus lui firent mal de par sa position inconfortable et en réouvrant les yeux, elle prit conscience de son état. Elle culpabilisait maintenant de s'être abandonnée ainsi à se plaisir égoïste surtout que cela n'était pas dans ses habitudes. Elle détesta son propre désir et elle détesta Bill d'avantage pour l'emprise qu'il avait sur elle.

Elle se laissa glisser contre la paroi de la douche, l'eau ruisselant continûment sur elle. Elle ramena ses genoux contre sa poitrine et posa sa tête dessus. Sam se laissa aller, mi riant, mi pleurant aux souvenirs de ces derniers jours passés.

Comment faire face à tout ça dorénavant, et comment affronter de nouveau le regard de Bill ? ...


# Posté le mardi 02 octobre 2007 16:30

Modifié le lundi 21 avril 2008 11:12

Chapitre 7 – l'arrivée au studio

Chapitre 7 –  l’arrivée au studio

Lorsque Sam sortit de sa torpeur il était presque 20h. Elle s'enveloppa dans son peignoir et se dirigea vers son lit. Elle s'assit sur le bord regardant par la fenêtre où la nuit avait quasiment enveloppé tout le quartier. Sam traînait toujours une impression de honte après s'être caressée de la sorte. Cela ne lui arrivait pas très souvent, bien qu'il ne s'agisse pas de quelque chose de dégoûtant, elle se le reprochait cependant toujours un peu une fois l'acte achevé.

Malgré cela elle se sentait bien. Tous ses muscles étaient présentement détendus. Elle s'allongea, lovée dans son épais peignoir. Elle s'empara de l'ours beige que Bill lui avait offert l'après midi même : un ours tout doux avec une paire d'ailes argentées attachées dans son dos. Toutes ses fleurs et peluches offertes par les garçons avaient été transportés dans sa chambre et il y planait une odeur de fleurs des champs mêlée aux effluves plus entêtantes des lys blancs. Elle porta de nouveau son regard sur le petit "Teddy" et souria.
Cette peluche signifiait beaucoup plus qu'elle ne le dévoilait réellement et Sam était convaincue que le choix de Bill n'était pas un hasard. Cela faisait obligatoirement référence à la chanson... cette chanson qu'elle chérissait particulièrement et qui avait pénétré son âme la première fois qu'elle l'avait entendu, cette première fois où elle avait entendu Bill la chanter...

Elle s'étendit sur le lit, le petit ours ramené sur sa poitrine. En le serrant fort, elle se remémora son arrivée au studio. C'était il y avait un peu plus d'un an aujourd'hui... un matin d'avril... il faisait froid... le soleil brillait...

Flash-back

Ce matin Sam emprunta donc la petite Polo noire de Marta et prit la route en direction du studio à l'adresse que lui avait indiqué David. D'ailleurs il n'avait pas rappelé à se sujet. Elle espérait que cela n'était pas mauvais signe. De toute manière elle n'était pas loin donc, au pire, elle ferait demi-tour.
Quand elle parvint dans à la bonne rue il était 11h15. Un gros 4X4 noir toutes vitres teintées était garé de l'autre côté de la grande grille qu'il lui avait indiqué. Sam immobilisa la voiture juste derrière celle-ci et descendit du véhicule.
Un homme sortit du bâtiment avant qu'elle eu le temps de sonner à l'interphone. C'était David, il s'avança vers elle lui tendant la main entre les barreaux.

- Sam, merci d'être venu, j'apprécie. Pardon de ne pas avoir pu te rappeler mais j'ai passé toute la matinée au téléphone.

Au même instant son portable retentit. Lui levant les yeux au ciel.

Qu'est ce que je disais ! Il décrocha.

- oui ?... oui...je suis occupé là... oui c'est ça.... te rappelles plus tard ... ok ça marche ! à plus... et il raccrocha.

- désolé Sam... mais j'ai un boulot qui fait que je devrais me faire greffer un téléphone à l'oreille ! plaisanta t'il.

oui je connais ça, l'éditeur pour lequel je travaillais m'appelait toutes les 10 minutes également !

David se tournant vers le poste de garde.

- c'est bon vous pouvez ouvrir !

Puis à l'intention de Sam.

rentre avec ta voiture et gare toi là-bas - un signe en direction du gros 4X4 noir.

Elle remonta donc en voiture et une fois les grilles ouvertes, elle s'engouffra dans l'allée. La jeune femme sortit de la Polo et rejoignit David.

ok alors on y va ?

Et...on va où comme ça... ? demanda timidement la jeune femme.

je vais te présenter mes collaborateurs et les musiciens, pour certains, car deux d'entre eux sont en cours d'enregistrement ?

je pensais que lors d'un enregistrement tout le monde faisait ça en même temps ?

Sam aujourd'hui la technologie fait qu'on n'a plus besoin de faire comme ça à chaque fois ! Maintenant chacun peut travailler dans son coin et hop, notre boulot à nous est de tout caler ensemble !

(il va me trouver débile là ?!)

suis-moi je vais te faire faire le tour du propriétaire.

Un peu nerveuse Sam suivit David le long d'un corridor. Ils passèrent une porte et montèrent un escalier qui les conduisit dans un autre grand couloir plus large et beaucoup moins sombre cette fois. Les murs étaient couleur sable et les portes couleur miel. En fait ça rappelait un cabinet médical avec tous ces petits spots au plafond. Il y avait des fauteuils noirs en cuir ça et là et une longue table couverte d'une nappe blanche immaculée contre un des pans de mur du couloir. Il n'y avait rien dessus si ce n'est un gobelet avec ce qui sembla à Sam, être un reste de café qui avait l'air froid.

- c'est souvent ici qu'on reçoit quand on a des visites, des journalistes. On n'aime pas trop montrer notre lieu de travail alors on préfère faire ça ici.

Sam, tel un mouton, acquiesçait accompagné d'une petit – hum, hum !

David toujours la précédent, ouvrit la première porte sur sa gauche.

là c'est le bureau où l'on travaille tous en général... c'est le bureau quoi, c'est ici au quotidien qu'on prend les décisions importantes !

Elle entra et donna un coup d'½il circulaire à la pièce qui n'était pas très grande mais bien agencée. Il y avait deux fenêtres dont les stores noir étaient baissés. La salle, de la même couleur que les murs de l'extérieur, n'était éclairée que par l'écran de deux micro portables et toujours ces petits spots sur une rampe en aluminium. Deux lithographies contemporaines y étaient suspendues et leur "rouge" tranchait avec les meubles clairs. L'espace de travail , en forme de "U" contournait toute la pièce. Dessus étaient posées deux imprimantes dont une imposante et un fax. Il y a avait 6 fauteuils de bureau et des étagères parcouraient tous les côtés des murs principaux. Il y avait plein de classeurs, de boite d'archives bien rangées et quelques notes épinglées au mur. Il y avait des cadres posés sur l'étagère du panneau de droite et en les voyant son c½ur fit un bond dans sa poitrine, elle songea à ce que lui avait dit Hayden.

- Merde ! Ce p'tit con avait raison !

Sam ? Tu disais ?

non, rien, je pensais tout haut c'est tout... essayant de se donner une contenance – c'est sympa... vraiment très sympa ici pour travailler !

David laissa échapper un rire sonore.

heureux de te l'entendre dire car tu risques d'y passer du temps ! je vais maintenant te conduire dans la pièce la plus importante du studio, suis-moi !

Ils sortirent donc du bureau que Sam referma derrière elle et au bout du couloir ils prirent sur la gauche. Et là, elle y découvrit ce qui en temps normal devait être une cuisine. Il n'y avait pas de porte. Là encore il y avait une fenêtre dont le store est fermé (quelle manie !) La grande table de cuisine était jonchée de boites de pizzas dont la plupart étaient encore entières et probablement froides. Il y en avait partout, même sur le plan de travail en hêtre. Les meubles de la cuisine américaine, rouge laquée, octroyaient un côté chaud à la pièce d'un blanc de neige. (J'aime pas du tout ! Mais bon c'est pas ma cuisine)

ici comme tu peux le voir il y a toujours de quoi manger. Les placards sont pleins, le frigo également, il y a toujours quelqu'un pour remplir tout ça ! Il y a de quoi se nourrir jour et nuit ! Excuse le désordre Sam mais ici, à part la femme de ménage qui passe une fois par jour il n'y a quasiment que des hommes a fréquenter cet endroit.

t'inquiète j'ai un frère de 17 ans alors je sais ce que c'est...

Il y avait des verres posés ici et là, une assiette ici... une autre posée sur le dessus de la cuisinière et une autre encore posée sur le four à micro-ondes. Un vrai Capharnaüm mais avec un sol impeccablement propre qui démontrait bien que le ménage était fait régulièrement. Sam se surprit à plaindre la pauvre qui devait s'acquitter de cette tâche et elle priait intérieurement pour que ce ne soit pas elle.

Le temps passait et elle regarda ma montre. Elle commença à avoir chaud tout d'un coup.

David tu peux m'indiquer les toilettes s'il te plait ?

oui bien sûr, c'est sur ta droite en sortant de la cuisine.

merci, je reviens de suite ! lui répondit-elle en se dirigeant vers l'endroit qu'il venait de lui indiquer.

Elle revint au bout de 5 minutes. David était toujours dans la cuisine et parlait à présent avec quelqu'un que Sam ne distinguait pas encore car il devait se trouver dans le renfoncement de la cuisine que l'on ne percevait pas du couloir. David tourna la tête dans sa direction.

Ah Sam, viens que je te présente ! Sam ?!... ça va pas, tu es blanche tout à coup ? tu es malade ?

Sam extrêmement gênée (forcement il fallait que ça arrive maintenant !)

oui... non... en faite pour être honnête (pas tout à fait) j'étais tellement nerveuse ce matin que j'ai rien pu avaler alors je crois que je suis en hypo !

tu veux boire quelque chose, désolé j'aurais dû commencer par là ! Georg ? tu veux bien lui préparer quelque chose – Sam, j'en profite pour te présenter Georg, bassiste du groupe, tu connais peut-être ?

Bonjour, je suis désolé...mais en faite je crois que je fais vraiment une hypo ! (mais qu'elle conne ! t'as rien trouvé de mieux à lui dire ?)

très heureux de te rencontrer - répondit-il mi-amusé mi-inquiet – qu'est ce que je peux te servir ?

ce que tu veux tant qu'il y du sucre dedans ?

David s'avança vers le frigo pendant que Georg fouillait dans les placards.

j'ai du coca là, ça ira ?

et moi des cookies si tu veux ?

La jeune femme s'assit sentant le sol se dérober sous ses pas.

le coca sera très bien merci !

Georg la dévisageait inquiet pendant que David lui servait un verre de coca qu'elle détestait en fait mais en de telles circonstances elle n'allait pas jouer les difficiles.
Georg s'approcha d'elle et s'accroupit à sa hauteur. Il posa instinctivement sa main sur son front qui perlait de sueur. Là, elle était morte de honte et elle aurait adoré disparaître !

elle n'a vraiment pas l'air d'aller bien ? on appelle un médecin tu crois ? demanda Georg.

- tu crois qu'il le faut ? rétorqua David lui plaçant le verre entre les mains

Elle but d'une traite le coca et reposa le verre sur la table au milieu des boîtes de pizza froides.

et les gars, ne parlez pas comme si je n'étais pas là vous voulez bien ?

Ils se regardèrent et rirent nerveusement. Georg toujours accroupi l'observa de nouveau et David au dessus d'elle avait sa main posée sur son épaule.

ça y est tu as l'air de reprendre des couleurs !

Sam le regardait incrédule. Elle put voir que Georg était de taille moyenne, un peu plus grand qu'elle cependant les cheveux châtains clairs mi-long, de jolis yeux gris bleu et un charmant sourire. Rien à voir avec le Georg des photos qu'Hayden lui avait montré.

ça va Sam ? tu te sens mieux là ?

Au même instant une troisième personne entra dans la cuisine, c'était Gustav le batteur.
(Encore deux et là je meure définitivement de honte !)

– Gus, viens que je te présente !

que se passe-il ici ? demanda t'il en prenant une part de pizza froide qui trônait sur la table et en l'engouffrant dans sa bouche.

Gus voici Sam.

Gustav la regarda d'une manière très étrange, comme s'il considérait un insecte qu'il était prêt à écraser puis au bout d'un instant, après avoir avalé sa bouchée, un éclair sembla illuminer son regard comme s'il venait de piger quelque chose .

Sam ! Ah oui... Sam ! très heureux de te rencontrer, est-ce que ça va ?

- oui ça va merci... rien de grave... vraiment... contemplant tour à tour David et Georg toujours prosternés devant elle.

Gustav était plus petit que Georg, plus corpulent aussi, blond, des yeux noisettes et un sourire très avenant. Lui par contre, il faisait plus jovial que sur les photos.

tu nous as fait peur tu sais ?!

Georg acquiesça en se relevant.

je suis désolé de vous avoir dérangé, vraiment, mais ça va mieux... j'avais juste besoin d'un peu de sucre, c'est ma faute j'ai rien avalé ce matin... trop nerveuse j'vous dis !

tu te sens d'attaque pour continuer ? Les gars vous nous accompagnez, j'emmène Sam à la régie voir Dave et Peter ? Les autres enregistrent toujours ?

Gustav ayant mordu de nouveau dans la pizza – Tom a fini mais Bill y est toujours ! réussi t'il a prononcer la bouche pleine – moi je vais dans le bureau consulter mes mails !

Bienvenue parmi nous Sam, mais il faut pas te mettre dans des états pareils pour Georg tu sais t'as pas encore vu les deux autres, c'est trop tôt !

bouffon ! lui lança Georg lui portant un coup de poing dans le bras. Tous deux se mirent à rire. Gustav disparut avec sa part de pizza.

t'inquiète pas on s'adore !

oui, oui j'en suis sûre !

Sam se leva donc, elle se sentait mieux mais elle détestait le coca et il faudrait qu'elle leur dise ! Elle suivit David et Georg qui lui jetaient tour à tour des petits regards interrogateurs.

je vais bien je vous assure ! c'est passé maintenant ! Elle leur sourit car elle trouvait cela vraiment trop touchant qu'ils s'inquiètent pour elle de la sorte.

Avant d'entrer dans le studio, David se retourna vers elle et posa son index sur sa bouche en signe de silence en y ajoutant un petit clin d'½il. Georg le précédait. Sam entra timidement. Il y avait deux types devant un pupitre énorme composait de ce qui me semblait être des milliers de petits boutons de toutes les couleurs et de petites manettes toutes aussi nombreuses. Il y avait également deux écrans d'ordinateurs ou s'affichaient différents graphiques. Dans le fond, se trouvait Tom, elle le distingua du coin de l'½il mais elle n'osait le regarder directement. Elle fit mine de faire comme si elle ne l'avait pas vu. C'était flippant quand même ! Elle n'écoutait pas vraiment leur musique en France mais lorsqu'ils passaient à la télé ou la radio elle ne changeait pas la chaîne ou la station et ça leur était même arrivé avec Anna de chanter "Durch den Monsun" à tue-tête il n'y a pas si longtemps quand ça passait en radio ! Si Sam s'était imaginée se retrouver là, avec eux en train de travailler et elle allant travailler pour eux, elle ne l'aurait jamais cru ! Au même instant elle s'imagina le nombre d'envieuses qu'elle pourrait faire si ces dernières étaient au courant...
Sentant un regard insistant sur elle (celui de Tom), elle se tourna vers lui et lui fit un petit signe de la main accompagné d'un "salut" mimé du bout des lèvres. Il lui jeta un regard coquin, un petit sourire suspendu au coin des lèvres où était accroché son perçing au labret.

Les deux types du pupitre (elle appelait ça un pupitre mais ça portait certainement un autre nom) ne prêtèrent aucune intention à son entrée, trop absorbés à "jouer" avec leurs " joysticks".
David lui fit signe de s'installer près des garçons (Georg venait de rejoindre Tom) mais lorsque l'un des deux types lança :

vas Bill, on reprend au deuxième couplet ok ?

Les premières notes de musiques lui donnèrent la chair de poule et lorsque la voix de Bill s'éleva, Sam ne put trouver d'explications à ce qui se passa en elle à cet instant précis.

Bill chantait

Hab die Erinnerung verloren
Die Bilder geben keinene Sinn

Bring mich zurück
Bring mich nach Haus
Ich Schaffs nicht allein hier haus

Komm und hilf mir fliegen
Leih mir deine Flügels

Ich Tausch sie gegen die Welt...


Sans s'en rendre compte elle s'était approchée de la grande vitre et avait posé sa main contre. La chaleur de cette dernière sur le verre froid forma une auréole de buée tout autour d'elle. Elle était scotchée. Elle regardait le jeune homme qui était assis sur un tabouret de l'autre côté. La sensation qu'elle perçut à cet instant fut comme un coup de poignard dans l'estomac tellement elle fut violente et douloureuse. Il avait la voix d'un ange. Sa concentration lui dessinait une petite ride au milieu du front. Il ne s'aperçu pas toute de suite de sa présence. La chanson qu'il entonnait était magnifique et douce. Sam resta ainsi à le contempler et à l'écouter sans pouvoir bouger, complètement hypnotisée par le tableau.
Lorsqu'il se rendit compte de sa présence, ses yeux plongèrent dans les siens si bien qu'elle crut se noyer dans un océan sans fond et ça lui donnait le vertige. Il était très beau, un look particulier certes mais des traits d'une finesse incroyable! Ses cheveux n'étaient pas coiffés comme à leur habitude, ils étaient cachés sous une casquette noire élimée (en général les casquettes c'était plutôt le truc de Tom a ce qu'elle avait pu constater). Ces yeux charbonneux faisaient ressortir ses prunelles noisettes et son petit strabisme dans le regard lui donnait un air terriblement sexy. Sa bouche parfaitement dessinée invitait à y déposer quelques "douceurs". Il avait autour du cou une chaîne épaisse qui lui retombait sur le torse et une sorte de collier comme ceux portés par les chiens, incrusté de clous. Il portait un tee-shirt noir arborant une tête de mort rouge sang sur un jean bleu foncé cintré orné d'un gros ceinturon, d'où on pouvait apercevoir la naissance de ses sous-vêtements. Il lui sourit (là c'en était trop!) et de peur de rougir, elle baissa les yeux. Elle put voir que ses ongles étaient peints en noir et qu'il portait des baskets. Sam reteint sa respiration et lui rendit son sourire. La scène était à son niveau très troublante et elle ne se rendit, à cet instant, même pas compte qu'elle était observée par tout le monde et que tous arboraient des petits sourires moqueurs et entendus. Lorsqu'elle en prit conscience dans le reflet de la glace, elle se tourna vers David et lui souffla mine de rien ...

ce type est vraiment incroyable !

j'te rassure il fait souvent cet effet là ! Puis à Bill – c'est bon pour le moment Bill, tu peux nous rejoindre 2 minutes ?

De l'autre côté de la vitre Bill se leva et pose son casque sur la perche du micro face à lui. Il réajusta son jean sur ses hanches et vint rejoindre l'équipe.

ça aurait été dommage qu'il ne réussisse pas dans ce domaine ! puis regardant Georg et Tom – je veux dire... qu'ils ne réussissent pas tous autant qu'ils sont !

c'était très bien Bill, bon travail mais il va falloir que tu le fasse un peu plus dans les graves je crois, car ta voix a encore pas mal bougé depuis la dernière fois !

ouais j' le sens aussi !

Bon, et bien je vous présente Sam, c'est elle qui va travailler avec nous (puis se tournant vers elle) si elle est intéressée bien entendu !

Tom se leva, suivi de Georg et Bill s'approcha.

là tu auras reconnu Tom (ce dernier lui serra la main toujours son petit sourire au coin des lèvres)

salut ! lança Tom

bonjour ! lui répondit Sam intimidée.

Bill à son tour s'approcha pour lui serrer la main. Il était grand, plus grand que son frère. Il faisait presque une tête de plus qu'elle qui mesurait tout de même 1 mètre 70 ! Comme elle perçut le rouge lui monter aux joues, elle porta discrètement sa main gauche à son oreille pour la pincer légèrement. Marta lui avait dit qu'ainsi, l'afflux de sang venait à cet endroit et non pas au visage et ça marchait plutôt bien ! Elle lui serra donc la main. Ca lui fit tout drôle car sa main était fine et manucurée mais en même temps ferme et virile !

salut Sam, bienvenue !

salut Bill, merci c'est gentil !

Aussitôt il tourna les talons pour rejoindre son frère et Georg qui étaient retournés au fond du studio. Sam ne montra rien mais cela la vexa fortement (mais il me snob ce mec !).

Sam, voici Dave Roth et Peter Hoffmann qui sont également avec moi et Patrick Benzner les producteurs du groupe mais tu verras Patrick plus tard. Nous travaillons tous ensemble ici quand le groupe n'est pas en tournée ce qui représente une grande partie de notre temps en général ! Nous n'avons pas d'horaires comme je te l'ai expliqué car on gère en fonction du planning des garçons et il arrive bien souvent que l'on travaille tard dans la nuit mais ne t'inquiète pas toi tu ne seras pas tenu à nos horaires... on t'expliquera tout ça !

La jeune femme serra donc la main aux deux types qui au premier abord avait l'air comme David assez sympas. Ils semblaient néanmoins un peu plus vieux que lui.

bonjour !

– bonjour Sam ! lança Dave

salut Sam, j'espère que tu vas te plaire avec nous. David a dû te le dire mais il n'y a pas beaucoup de filles à travailler ici alors si tu te sens seule tu seras toujours la bienvenue ici en régie voir Peter, c'est moi !

je m'en souviendrai merci beaucoup !

Peter sans se retourner – la pause est terminée on y retourne champion !

Sam regarda Bill s'éloigner de Tom et de Georg et rejoindre la pièce d'enregistrement. Il ne leva même pas les yeux vers elle (décidément quel goujat ... mais qu'est-ce que tu imagines ? arrête de rêver ma vieille ! tu croyais peut-être qu'il allait avoir le coup de foudre pour toi ? pourtant son regard tout à l'heure...) elle secoua la tête en soupirant.

Sam ça va ?

Heu... oui, oui...ça va très bien ! Je suis très heureuse d'être là ! (mais vraiment qu'est-ce que t'es conne ma pauvre fille ! t'as 29 ans pas 17 alors reprends-toi un peu !)

On continue la visite ? je voudrais te montrer le reste avant de retourner dans le bureau et ensuite je t'emmène déjeuner ça marche ?

Regardant sa montre discrètement (déjà presque midi – merde ! il faut pas que je refasse un malaise ou j'aurai encore l'air bête !) – oui d'accord mais David... il faut que je te parle d'un truc assez important avant de continuer...

– ça peut attendre un peu ?

heu... oui mais... je risque encore de.... enfin tu vois...

Sam ne voulait parler trop fort car Georg et Tom étaient toujours dans la pièce.

David la dévisagea un instant et tel un grand frère, l'air grave, lui posant une main sur l'épaule.

- ok, alors viens on retourne dans le bureau...

Ils sortirent donc tous les deux de la régie. Dave et Peter s'étaient remis alors au "pupitre" et Georg les avait rejoint. Sam lança un dernier regard en direction de Bill qui venait à nouveau de s'installer. Ce dernier la regarda à son tour et lui fit un petit sourire et un signe de tête. Elle soupira perplexe et pensa que ce type était franchement bizarre.

Sam venait donc de faire connaissance avec le groupe pour qui elle ½uvrerait et Hayden ne s'était pas trompé, c'était bien les "Tokio Hotel" et vu la réputation qu'ils commençaient à se traîner derrière eux elle souhaita de tout c½ur que cela se passe pour le mieux...

Retour dans la chambre

Sam avait lentement glissée sans s'en rendre compte dans les bras de Morphée, l'ours toujours contre son c½ur et elle n'entendit pas frapper, bercée par les bras chauds et doux de ses souvenirs...

# Posté le mercredi 03 octobre 2007 14:32

Modifié le lundi 21 avril 2008 11:33

Chapitre 8 – le calme...

Chapitre 8 –  le calme…
David frappa à la chambre de Sam mais aucune réponse ne se fit entendre. Il cogna à nouveau, cette fois un peu plus fort, mais toujours rien.
Il se hasarda à ouvrir la porte qui à son grand soulagement n'était pas verrouillée. Il passa sa tête dans l'encadrement ayant préalablement prévenu de son entrée. Il s'introduisit dans la pièce.
La chambre n'était éclairée que par la faible lueur tamisée que renvoyait la lampe de chevet couverte d'un foulard bleu.

Il sourit au tableau qui se découvrait à lui. Sam était là, assoupi, le visage enfoui dans un ours en peluche comme une petite fille. De son peignoir, sa cuisse se révélait et il la contempla un instant. Il observa le papillon tatoué sur sa cheville. David s'approcha et vint s'asseoir près de la jeune femme, lui recouvrant sa peau nu de la sortie de bain.
Il apposa sa main sur son épaule et la secoua doucement en l'appelant. Sam se renfrogna un peu plus dans son ours protecteur. David continua jusqu'à ce qu'elle finisse pas ouvrir les yeux. Elle se releva brusquement surprise de le voir.

- pardon , je ne voulais pas te faire peur. Bill m'a dit que tu te reposais.

- je suis désolé, je me suis endormi... je voulais redescendre et puis j'ai du m'endormir. Il est quelle heure ?

David regarda sa montre.

- pas loin de 20 heures ! Je voulais juste te prévenir que je partais. J'ai un rendez-vous ce soir alors je vous laisse. On pourra se voir demain matin ? Il faudrait qu'on discute du planning de la semaine prochaine, et puis il faut qu'on revoit ton contrat !

- mon contrat ? pourquoi ?

- et bien Bill et Tom étant désormais majeurs, les garçons, les quatre, ont réclamé à modifier certaines closes de ton contrat.

Sam se rappela sa conversation avec Bill. Etait-il possible qu'il soit l'instigateur de cette demande ? La coïncidence était peu probable ! Le jeune femme feint d'être au courant de quoi que ce soit !

- et toi ? qu'en penses-tu ?

- j'ai rien contre, ce qu'ils demandent n'ai pas irréalisable mais au final tu sais bien que ce n'est pas moi qui déciderait mais on rediscutera de ça demain !

Sam bailla, portant sa main devant la bouche. Apparemment elle n'avait pas encore assez dormi.

- écoute Sam, Saki ce soir va passer prendre Tom et Georg vers 22h30 avec un autre type de la sécurité. Ils désirent sortir et j'ai plus vraiment le droit de les empêcher maintenant !

- et... pas les autres ?!

- non je crois que Gus préfère rester se faire un film et Bill ne s'est pas encore vraiment décidé ... mais t'inquiète de rien, toi, ce soir, tu te reposes ok ?

- hum, hum... fit Sam pour toute réponse. Puis d'un air doucereux l'attrapant par la manche de son sweet.

- et toi alors ? tu vas à un rendez-vous galant ?!

- bah je suis bien obligé puisque tu ne veux jamais sortir avec moi !

- David ?! rétorqua la jeune femme.

- oui je sais Sam, tu ne mélanges pas le travail et le plaisir !

Là David avait fait mouche sauf que depuis aujourd'hui c'était plus vraiment d'actualité. Un autre principe à rayer de sa liste.

Devant son petit air désolé David se ravisa.

- mais non t'inquiète, j'emmène seulement ma mère au restaurant, c'est son anniversaire aujourd'hui !

Sam sourit, attendrie par le geste de son interlocuteur.

- écoute David, si tu veux... un soir... je veux bien qu'on aille dîner ensemble dehors...

Voyant le sourire gigantesque se profiler sur le visage de ce dernier elle le coupa net.

- mais seulement en tout bien tout honneur ok ?! ponctua t'elle.

Il se leva d'un bond en frappant dans ses mains manifestement réjoui de la nouvelle.

- Hé !... j'ai dit seulement en tout bien tout honneur !

- oui, oui d'accord ! puis regardant sa montre – il faut que j'y aille, ch'suis en retard ! Ensuite pointant Sam du doigt.

- et toi... tu n'oublies pas de manger d'accord ?!

- oui, oui...

David sortit de la chambre.

- et tu y vas maintenant ! ordonna David

- oui maman ! répliqua Sam hilare.

Sam se leva et se vêtit rapidement. Elle attacha ses longs cheveux cuivrés, les relevant à l'aide d'une pince et après avoir prit son insuline, descendit, une petite boule au ventre. En fait elle appréhendait de se retrouver face à Bill, celui là même avec qui elle avait échangé un long et délectable baiser, celui là même qui cachait bien son jeu !
Sam à cette pensée secoua la tête et pénétra dans la cuisine. Gus était derrière les fourneaux, ses lunettes vissées sur le nez à surveiller la porte du four d'où s'échappait une exquise odeur. En voyant la jeune femme, il lui décrocha un grand sourire qui dévoilait à quel point il était enchanté de la voir. Sam s'approcha de lui, lui posa une main sur l'épaule et se pencha pour voir ce qu'il était en train de préparer. Le sourire aux lèvres, elle se releva et déposa un énorme bisou sur la joue du petit chef cuisinier. Gus avait préparé ses fameuses lasagnes dont tout le monde raffolait et ça tombait bien car elle était morte de faim. Les autres entrèrent à leur tour dans la cuisine et s'attablèrent. Les garçons en pleine discussion musicale à propos, apparemment d'un morceau de basse que Georg n'avait pas exécuté comme Tom le souhaitait, créèrent malgré eux une excellente diversion pour Sam. Bill animait lui aussi par la débat, jeta juste un petit coup d'½il dans la direction de la jeune femme en lui souriant (bizarrement des petites étoiles plein le yeux).

Le repas, au grand soulagement de Sam, se déroula très bien et la petite boule ne fut pas longue à être avalé avec le succulent repas de Gustav. C'était un excellent chef et quand il le décidait, ou plutôt, qu'il avait le temps pour ça, c'était toujours un régal ! Ca changeait des éternelles pizzas des jumeaux et de Georg ! Gustav était le seul de la troupe à affectionner la bonne chair et qui prenait plaisir à s'asseoir autour d'une table avec Sam pour faire de vrais repas, même ci ceux-ci n'étaient composés que de salades et d'omelettes !

Sam avait beaucoup de points communs avec le batteur. D'abord leur nom de famille... ou presque ! Ils portaient le même nom tous les deux sauf que cela s'écrivait pas de la même manière et la coïncidence avait fait beaucoup rire au début !
Et puis à contrario des autres, surtout Tom et Georg, il s'intéressait à beaucoup de choses alors que les autres s'intéressaient principalement au sexe féminin et à ses mystères ! Bill, lui ne s'intéressait qu'à lui même et au groupe ! Avec Gus, Sam parlait de tout et quand David n'était pas là ça lui faisait un bien fou parce qu'il relevait largement le niveau des autres même si Sam admettait qu'elle adorait ce côté : “ joyeuses colonies de vacances ” !
Et puis Gustav était le plus sportif de la bande si bien qu'avec Sam ils partaient, dès qu'ils en avaient la possibilité, courir ou faire des balades en VTT et cela même en tournée où il était le seul à se lever tôt, les trois autres n'émergeant rarement avant 11h30 le matin !

Lorsque le repas fut terminé, chacun alla déposer son assiette et ses couverts dans le lave-vaisselle. Sam avait réussi à leur faire adopter ce geste simple, parce qu'ici, c'était pas le boulot de la femme de ménage ni d'aucuns d'entre eux en particulier. Elle, s'était levé pour aider Gustav à nettoyer les casseroles qu'il avait utilisé, toujours discutant de tout et de rien avec le garçon.
Tom et Georg retournèrent à leurs guitares et Bill resta un moment à les aider sans mots dire, les écoutant. Puis il s'approcha de Sam, à l'évier, pour s'emparer de l'éponge afin d'essuyer la table. Sam ne su pas s'il le faisait exprès, mais il se colla légèrement contre elle comme si de rien n'était pour attraper ce dont il avait besoin. Le sentir ainsi aussi proche d'elle, lui fit parcourir des frissons sur tout le corps. Cette proximité la bouleversée et c'était très dur de se maîtriser. Elle plongea un court instant ses yeux noisettes dans ceux de l'androgyne qui lui livra juste un sourire mais qui en disait long. Sam se pinça les lèvres et exhala un léger soupir. Ce jeu du chat et de la souris avait un côté d'interdit très excitant et troublant et elle éprouvait un ravissement certain à cela. Puis le garçon partit rejoindre les deux autres.

Gustav lui révéla les projets des garçons pour le soir, lui avouant qu'il préférait rester là pour mater des vidéo. Il lui proposa de se joindre à lui et quand il lui annonça la couleur des films elle accepta sans hésiter : “La descente” et “La Colline à des yeux”. Sam affectionnait beaucoup les films d'horreur !

Dans l'heure qui suivit le dîner, elle téléphona à ses parents pour tranquilliser son père qu'elle se portait parfaitement bien et qu'il n'avait pas à s'inquiéter. Elle lui promis de venir passer quelques jours à la maison avant que les garçons repartent sur les routes. Ensuite elle appela son amie Anna qui lui avait laissé 15 messages sur son portable, morte d'inquiétude ! Sam se fit engueulé méchamment par Anna d'avoir tant tardé à la rappeler. Heureusement qu'elle avait eu des nouvelles par Marta, car elle avait été à deux doigts de prendre l'avion et de débarquer au studio ! Sam ne fit pas allusion à ce qui c'était passé avec Bill même si Anna savait depuis le début que son amie craquait un tantinet pour ce “Dieu Grec“. Anna surnommait Bill Orphée et cela amusait beaucoup ce dernier parce qu'encore une fois cela flatté son ego, qu'une fille trentenaire le compare à un dieu c'était plutôt plaisant ! Orphée était le fils d'Apollon et de la muse de l'Histoire Clio. Il était célèbre non pour ses qualités de guerrier mais pour ses talents de musicien. Lorsqu'il chantait, même les bêtes sauvages étaient charmées !...

Les deux jeunes femmes restèrent un long moment au téléphone à plaisanter et se raconter leur vie depuis ces deux jours passés sans nouvelles. Elles se téléphonaient en moyenne une fois par jour.

Sam s'était installé à l'étage, dans le salon de l'appartement, dans un des canapé de cuir, celui là même où elle s'était épanchée dans l'après midi. Gustav débarqua avec un saladier bourré de pop-corn qu'il venait de préparer. Sans faire trop de bruit, voyant Sam au téléphone, il posa le tout sur la table basse et alluma le home cinéma. Sam abrégea avec Anna pour pouvoir profiter du film avec Gustav. Ce dernier s'était installé dans un des fauteuil près de la baie et Sam changea de sofa pour être face à l'écran.
Quelques minutes après le début du film, Bill entra à son tour et vint s'asseoir aux côtés de Sam qui se redressa légèrement, manifestement un peu gênée. Gustav ne détourna même pas son attention déjà plongé dans l'intrigue de “La Descente“. Bill ne regarda pas Sam et pourtant elle sentais que les pensées du jeune homme étaient tournées vers elle. Elle avait ses mains posées de chaque côté de ses cuisses et ne bougeait pas, feignant d'être, elle aussi absorbée par le film. Bill ramena ses jambes, comme à son habitude, croisées sur le canapé. De cette manière, son genou touchait celui de Sam et il calla sa main dessous de telle sorte que Gus ne puisse la voir. Ainsi, s'approchant doucement sans quitter l'écran des yeux, il s'empara de la main de Sam et mêla ses doigts avec ceux de la jeune femme. Sam perçut son c½ur, une fois de plus, s'emballer. C'était incroyable l'effet que Bill lui faisait car jamais elle n'avait éprouvé tels sensations auparavant.
Mais ne sépara pas sa main de celle du garçon. Sans s'échanger un seul regard, ils restèrent ainsi.
Bill mourrait d'envie de serrer Sam contre lui, de l'embrasser mais avec Gustav c'était impossible et en silence il maudit son ami. Il sentait la pression de la main de Sam sur la sienne à chaque fois qu'une scène du film se faisait impressionnante et il s'imprégnait de cette simple perception jusqu'au plus profond de son être.
Puis ils sursautèrent tous deux lorsque l'interphone retentit. Sam, hâtivement se leva et alla décrocher. C'était le gardien qui informait que le van des garçons était arrivé. Elle revint vers les garçons pour leur dire qu'elle descendait car Saki était arrivé. Bill ne bougea pas décidé apparemment à rester regarder le film, Sam, intérieurement, jubilait telle une ado puis descendit.

Saki et son collègue attendait dans l'entrée du bâtiment que les garçons sortent. Sam alla prévenir les deux musiciens que leur van était arrivé et que Saki les attendait dans le hall. Ils quittèrent leur guitares respectives et passèrent devant la jeune femme. Quand Tom passa devant elle, un petit sourire charmeur à la commissure des lèvres, elle perçu comme une petite décharge dans l'estomac. En fait Sam n'aimait et n'approuvait pas du tout que les garçons, surtout ces deux là, sortent parce qu'elle savait indubitablement, comment la plupart du temps, cela se terminait : bien souvent sur la banquette arrière du van, quand ce n'était pas dans le bus de la tournée ! Mais elle n'avait rien à dire.

Elle les suivi donc pour saluer les deux gardes du corps. Saki étreignît la jeune française s'excusant de ne pas avoir pu venir la voir sachant ce qui s'était passé, étant sur une autre mission de garde rapprochée. Sam le rassura et après ce que les deux garçons se soient installés dans le van elle demanda à Saki s'il avait “ce qu'il fallait“ dans la voiture. Il acquiesça et s'engouffra à son tour dans le véhicule qui disparut dans la nuit.

Sam après avoir vérifier que tout était éteint en bas, mais laissant la cuisine allumée, remonta à l'appart. A sa grande surprise Bill n'était plus là. Gustav se tourna vers elle et lui demanda si elle voulait qui revienne en arrière dans le film. La jeune femme lui dit que c'était inutile parce qu'elle connaissait déjà le film qu'elle avait vu au ciné en France.
Elle s'installa de nouveau mais pour peu de temps car son portable se mit à vibrer lui rappelant l'heure de sa “lantus“.

- désolé Gus !?

- pô grave ! répondit le garçon la bouche pleine de pop-corn.

- de toute manière ch'suis crevé, j'vais me coucher !

Avant que la jeune femme n'ait disparut dans le couloir.

- Hé Sam !?... Il finit bien le film ?!

- Bah... elles meurent toutes à la fin !

- Oh Sam merde !? objecta Gustav

- Bah quoi ?! Tu me demandes... j'te réponds ! Bon bonne nuit Gus !

- Mais j't'ai juste demandé s'il finissait bien ? Bonne nuit à toi aussi Sam !

Sam fila en direction de sa chambre. En y entrant, elle y découvrit Bill assis sur son lit. Elle referma vivement la porte derrière elle. Bill se leva et s'avança vers elle.

- Bill ? mais qu'est ce que tu fais là ? demanda Sam interloquée par la présence de ce dernier.

Bill s'avança et empoigna Sam par les hanches. Cette dernière se déroba à son étreinte. Puis chuchotant.

- Bill si Gustav nous surprend , oh là là, je ne veux même pas imaginer !

- non Sam, te sauve pas j'ten prie... je veux juste... rester un peu avec toi... c'est tout...

Sam se pinça les lèvres, comme Bill aimait tant qu'elle le fasse, parce que cela lui donnait un côté femme-enfant très sexy.
De toute manière au fond d'elle même, elle n'avait aucune envie que son “obsession préférée“ sorte de cette pièce.

- d'accord, reste si tu veux... (et s'approchant du garçon en crochetant son index dans sa ceinture) et... je veux que tu restes... souffla t'elle.

Bill l'enlaça et la serra contre lui. Ils restèrent un instant comme ça lovés l'un contre l'autre dans un silence absolu, comme si le temps c'était arrêté. Puis Sam se ravisa.

- Mon insuline ! J'allais encore oublier mon insuline ! Bill, attends moi là, je vais me changer et je reviens.

- Sam ?.., j'aimerai voir comment tu fais...

- Fais quoi ?!

- (Bill gêné) ton insuline... je voudrais savoir comment... enfin... tu vois...

- si tu veux... ça ne me dérange pas (mentit Sam)... je me change et je reviens.

Sam entra dans sa salle de bain. Elle se déshabilla, enfila un tee-shirt dos nageur et son caleçon. Elle aimait beaucoup porter des caleçons d'hommes pour dormir. Elle se brossa rapidement les dents, s'empara de sa trousse et vint rejoindre Bill. Celui-ci la regardait amusé de sa tenue car c'était la première fois qu'il la voyait aussi légèrement vêtue et il la trouvait très jolie. Elle était assez mince mais avec des formes très avantageuses. Même que Tom fantasmait pas mal sur la poitrine de Sam.

Elle tremblait légèrement à l'idée de ce qui allait pouvoir se passer dans cette pièce et sa flopé de papillons revint la titiller dans son ventre.

Sur le bord du lit, elle invita Bill a le rejoindre près d'elle. Elle sortit son lecteur, une languette, une aiguille. Elle préleva une goutte de sang à l'aide de son stylo tout en expliquant ses gestes à un Bill très attentif. Il lui demanda si faire ce geste à chaque fois était douloureux. Sam, changea d'aiguille sur le stylo et saisit l'index de Bill le rassurant. Elle l'amorça et relâcha le percuteur qui vint perforer sa peau fine. Il rit nerveusement de par l'appréhension mais mis à part une petite sensation de piqûre il n'y avait pas de quoi fouetter un chat.

Après le résultat donné par le lecteur, Sam pris la lantus et l'ajusta sur 24 unités. Elle prit cette fois la main de Bill et lui plaça la seringue au creux.

- ce soir... c'est toi qui me fait mon injection... et si tu me loupes... je te tue ! plaisanta t'elle.

Bill regarda Sam inquiet – j'peux pas faire ça !?

-mais si tu vas le faire... il faut que tu t'inities.. David ne sera pas toujours là et on ne sait jamais... peut-être qu'un jour se sera toi qui devra m'injecter du glucose ou mon insuline !

Bill tremblait à l'idée de devoir piquer Sam et lui faire du mal. Voyant son désarroi, Sam, lui prit le visage entre ses mains.

- j'ai confiance en toi Bill, ... tu vas y arriver...ne doute pas...tu ne doutes jamais d'habitude, fais confiance à ton assurance naturelle !

Elle prit la seringue pour lui montrer comment faire et la lui tendit de nouveau en hochant la tête.

- à toi maintenant !

Elle pinça sa cuisse entre son index et son pouce. Elle regarda de nouveau Bill et l'invita à le faire. Bill posa délicatement sa main gauche sur la cuisse de Sam et après un instant d'hésitation, enfonça l'aiguille en poussant à son extrémité pour que l'insuline s'en échappe. Sam observait un Bill peu sûr de lui et elle chérissait ça parce qu'il se révéler être celui qu'elle aimait le plus. Bill retira doucement la seringue en plongeant dans les yeux de Sam. Elle n'avait pas cillée un seul instant. Elle avait un petit air mutin à croquer .

- Hé bien tu vois, ce n'était pas si compliqué après tout !?

Bill se passa nerveusement la langue sur ses lèvres et illumina son visage d'un sourire radieux.

- tu me demanderas pas ça à chaque fois n'est-ce pas ? s'inquiéta la garçon.

Sam éclata d'un petit rire cristallin qui ému Bill.

- non... je te promets que non...

Elle se jeta au cou de son Bill et se serra fort contre lui. Il la saisie par la taille, enfouissant son visage dans le cou délicat de cette dernière.
Ils demeurèrent ainsi, enlacés. La terre aurait bien plus trembler et tout s'effondrer au tour d'eux, peut importait... Bill avait conscience que dorénavant, c'était dans les bras de cette femme qu'il désirait passer le reste de sa vie....

# Posté le dimanche 07 octobre 2007 15:11

Modifié le dimanche 07 octobre 2007 15:47

Chapitre 9 – avant la tempête !

Chapitre 9 –  avant la tempête !


Sam avait la tête posée sur l 'épaule de Bill et elle se sentait très apaisée de la sorte. Puis un frisson lui parcourut le corps que le jeune homme perçu également.

C'était très étrange ce lien qui les unissait et Sam ne le comprenait pas très bien. Tout ce dont elle était consciente c'était de ressentir ce que Bill ressentait et c'était très troublant. Dans ses bras, ainsi, elle savait que Bill n'avait pas envie d'elle “physiquement” parlant, alors que pour elle c'était tout l'opposé pour être tout à fait honnête. Mais, primo, il était hors de question que tous deux passent à l'acte, ici, dans sa chambre, si proche de celles des autres garçons, ni dans celle de Bill d'ailleurs ! Et secundo, elle le laisserait venir à elle... elle se ferait désirer parce qu'elle voulait, au plus profond de son être que son Bill soit à la hauteur et qu'elle ne savait absolument pas à quoi s'attendre avec lui.

A cet instant présent elle le percevait un peu nerveux et elle ne voulait pas l'affoler. Elle se détacha de lui, grimpa sur le lit et offrit à Bill sans le vouloir, la vision de sa croupe parfaite. Bill baissa les yeux soudainement troublé par le tableau. Sam alla se faufiler sous sa couette chaude. En fait, elle avait froid, la fatigue sans doute, la journée avait était très ... mouvementée. Elle s'allongea sur le côté en calant son bras sous l'oreiller histoire de redresser un peu sa tête, puis de l'autre, elle tapota l'édredon pour inviter Bill à se rapprocher d'elle. Bill son éternel sourire vissé aux coins des lèvres s'exécuta et vint s'étendre face à elle.

- Bill ?... tu veux bien rester près de moi jusqu'à ce que je m'endorme ?!

Pour toute réponse, Bill attira la jeune femme contre lui et l'encercla de ses bras. Elle, tout contre son c½ur, ses bras repliés contre sa poitrine, se laissa bercer par la respiration du garçon. Elle enroula une mèche des cheveux de Bill autour de son index et son majeur, de son autre main elle traçait, de le pulpe de son doigt, les contours du tatouage que Bill s'était offert pour son 18ème anniversaire.
De son côté, il lui caressait tendrement son épaule délicate, le menton posé contre le front de Sam. Elle avait une odeur de pomme verte qu'il aurait bien croqué !

Bill se sentait parfaitement bien ainsi, la jeune femme contre lui. Autant l'après-midi même la furieuse envie de se fondre en elle avait été puissante, autant, à cette seconde, être naturellement allongé à ses côtés était un pur moment de délice.

Bill, le premier, rompit le silence.

- Sam ?!... c'est ton vrai prénom ?!

- Oui, en fait non... seulement mon deuxième prénom. C'est le diminutif de Samantha en réalité !

- Samantha ?!

Sam se redressa et plongea son regard dans celui de Bill et lui collant sa main sur la bouche pour l'empêcher de rajouter un seul mot. L'androgyne se laissa tomber sur l'oreiller, amusé par l'attitude de la jeune femme.

- je t'interdis de m'appeler par ce prénom tu m'entends !? grogna Sam qui s'était jeté à la gorge de Bill. Ce dernier était à présent hilare.

- D'accord j'me rends ! lâcha Bill mort de rire.

Sam était donc presque couchée sur son brun préféré. Bill percevait les seins fermes de Sam contre son torse et il dû se mordiller la langue pour faire redescendre le flot de désir qui s'insinuait perfidement dans son entrejambe.

- Et c'est quoi ton premier prénom alors ? réclama la jeune homme pour tenter de faire diversion
même à moi tu ne me le diras pas ?! moi... ton Bill... ?!

Bill avait adopté son air de petit garçon qu'on vient de réprimander et cet air là mettait Sam le cul parterre habituellement. Il faisait cette petite moue des lèvres, “son bec de canard”, comme disait affectueusement Sam et son petit strabisme dans ses yeux c'était trop !
Sam le transperça de son regard franc et profond, son regard encombré d'amour et en même temps d'une infinie tristesse. Bill avait remarqué cela et ça le chamboulé parce qu'elle concédait d'elle-même une image forte, mais en fait, Sam était fragile et il n'avait pas encore conscience à quel point.

- je ne peux pas... répondit Sam posant son menton sur le dos de ses mains croisées sur la poitrine de Bill.... Sinon je serai dans l'obligation de te tuer...

- même à moi ?! supplia le garçon passant ses doigts élancés et manucurés dans les cheveux cuivrés de sa belle.

- j'ai fait le promesse de ne le dire à personne ! s'amusa Sam.

- donc je ne le saurai jamais ?!... caressant maintenant l'ovale de son visage. Elle ferma à demi les paupières dans un soupir de plénitude en réponse aux frôlements de son Bill.

- hummmmmm.... Peut-être.... un jour.... hummmmmm....

La jeune femme rouvrit ses yeux et glissa timidement une main sous la chemise de Bill. Elle lui prodigua quelques effleurements de la pulpe de ses doigts. La poitrine de Bill se soulevait par l'excitation qui le transcendait. Elle se plut à tracer une courbe invisible faisant rejoindre un à un ses grains de beauté comme dans les livres de jeux pour enfants, où il faut relier tout un ensemble de petits points qui vous amènent à découvrir un dessin caché.

Sam ôta un par un les boutons de la chemise de Bill en y écartant les pans, pour offrir à ses yeux brûlants, le buste de nacre de ce dernier. Il était imberbe et cela troublait Sam qui n'aimait pas les hommes trop viriles. Bill s'était étoffé depuis quelques mois et sa maigreur infantile avait pour ainsi dire disparue. La jeune femme en éprouva beaucoup moins de culpabilité, celle là même, qui depuis un certain temps la désignait comme étant "la" pédophile potentielle. Mais Bill avait 18 ans et même Anna plaisantait souvent à dire que la majorité sexuelle était à 16 !

Son corps d'albâtre était une invitation au pêché. De toute manière, Sam se savait damnée alors pourquoi lutter à l'appel de "l'enfer" ?
Elle apposa ses lèvres sur la peau sucrée de Bill qui s'arquait sous le plaisir que cela lui procurait. Elle remonta ainsi vers sa gorge et dégringola de nouveau vers ses tétons. De sa langue et les enroula tour à tour en les mordillant imperceptiblement. Bill s'était accroché à la crinière de Sam comme au crin du cheval qui le portait au galop bien loin de son enveloppe charnelle.

Elle dévalait toujours, à présent lui titillant le nombril de son muscle mouillé et embrasé. Bill n'en pouvait plus. Son abdomen se soulevait rapidement et aléatoirement laissant échapper des râles saccadés et difficilement retenus. Il agonisait de plaisir, sa tête basculé en arrière, passant fébrilement sa langue sur ses lèvres.
Elle continua ainsi, lui administrant sporadiquement, des petits coup de langue tel un chaton lapant goulûment son lait. Elle rejoignit bientôt l'étoile illuminant l'entrée de "la cite interdite". Elle considéra Bill un instant pour guetter sa réaction mais Bill, les poings crispés sur le drap, ne cessait de se tordre sous les baisers enflammés de la jeune femme.

Sam, l'éclair d'un instant, ne sut plus trop quel comportement adopter ayant enfreint ses propres principes de ne rien tenter dans sa chambre où sous le même toit que les autres. Mais à présent ils étaient allés beaucoup trop loin pour qu'elle ne goûte pas enfin à ce plaisir si défendu !

Elle était partagé entre l'envie de retrouver un Bill sûr de lui, comme pour le baiser qu'il lui avait prodigué dans le salon et la peur que, finalement, tout ceci ne soit qu'un leurre et qu'il pouvait être néophyte dans ce domaine. Mais elle ne se démonta pas, elle continua fiévreusement à incendier le ventre de Bill toujours gémissant.

Sam s'attela à lui déboucler délicatement son ceinturon. Il releva la tête un instant perturbé par la tournure que prenait les évènements.
- si tu veux... j'arrête là Bill... tu n'as qu'à mot à dire si tu penses que nous allons trop vite pour toi ?...

- je... je ne sais pas... c'est...tout nouveau pour moi... tu comprends...

- tout nouveau ?!... tu veux dire que ... tu n'as jamais... enfin...

Sam était très embarrassée à présent car ses incertitudes lui revenaient au visage tel un boomerang lancé à pleine puissance. Comment gérer ça maintenant ? Et ce pauvre Bill, il allait certainement pensé qu'elle était une perverse trentenaire amouraché d'un ado et ado puceau qui plus est !
Bill lu en elle et la coupa net dans ses réflexions.

- NON ! Sam... c'est pas ce que je voulais dire...la rassura t'il en l'attirant contre lui... ce qu'il y a c'est que...je n'ai jamais...

- couché avec une femme de mon age ?! acheva Sam.

Bill le consentit et ce qu'il redoutait le plus c'était de pas être à la hauteur des désirs de sa belle. Sam lui posa une main sur sa joue pour le faire revenir vers elle et lui souffla à l'oreille.

- pose tes mains sur moi Bill...

Bill la balaya du regard. Il voyait une femme magnifique est prête à s'offrir à lui corps et âme. Tel un prédateur il flairait son désir par delà les pores de sa peau et ça l'excitait beaucoup mais les rares occasion qu'il avait eu de pouvoir se faire des filles c'était lors de soirées bien arrosées avec Tom et les autres. La plupart du temps aux premiers abords on le prenait pour une fille avec ce look si particulier et Sam avait été la seule après ses proches à ne pas le juger alors comment pouvoir être à la hauteur avec une fille telle que Sam ?

- Bill... pose tes mains sur moi... et laisse moi te guider... on a tellement à se donner l'un l'autre...

Sam attira la bouche de Bill sur la sienne et une nouvelle fois leur langues s'emmêlèrent dans une étreinte exquise. Sentir le perçing de Bill lui mettait le feu au ventre. Elle se cambra contre lui et s'emparant de sa main, elle la guida jusqu'à ses seins fermes et frémissants. Puis Bill prit le relais. Il essaya de s'enfoncer plus profondément dans la gorge de Sam comme s'il voulait ne faire qu'un avec le corps de la jeune femme qui vibrait désormais sous ses caresses assurées.

Bill se redressa et se débarrassa hâtivement de ses baskets. Il était à genoux sur lit, affranchi de sa chemise, sa ceinture dégrafée laissant tomber son jean un peu plus bas sur les hanches découvrant la naissance des plis de ses aines sous son boxer. Ses cheveux lui caressaient les épaules, il était superbe dans cette posture. Il saisit Sam par la main pour l'inviter à se redresser aussi. Elle s'exécuta hypnotisée par son ange ténébreux qui une fois de plus avait déployé ses ailes dans toute leur suprématie.

Sam était elle aussi à genoux, son bassin contre le bassin de Bill. Pubis contre pubis Il attrapa le bas du tee-shirt de Sam et lui en débarrassa, laissant dévoiler à ses yeux, les seins lourds et délicats de la jeune femme. Ses longs cheveux retombèrent en cascade dans son dos. Il fit parcourir sur sa poitrine, sa main, dont les ongles peints en noir tranchaient avec la blancheur laiteuse de la peau de Sam, puis remonta dans son cou. Sam bascula la tête en arrière s'imprégnant de l'empreinte de ce dernier.

Elle immisça ses mains dans la ceinture du jean de Bill et tira pour en faire sauter les boutons argentés découvrant ainsi ses sous-vêtements. Elle perçu un bref instant contre ses doigts le sexe durcit du garçon. Sam perçut ses joues rosir lorsque ses yeux échouèrent innocemment (pas tant que ça) sur la protubérance de son pantalon. Pourtant ce qui l'ému le plus, c'était les veines saillantes qui couraient du haut de sa cuisse droite jusqu'à rejoindre le bas ventre invisible et contracté. Sam fit courir la paume de sa main sur le ventre de son androgyne.

Bill la regardait et la trouvait très belle, il ne comprenait pas pourquoi une fille comme elle, l'avait choisi lui, le plus mal dégrossi de la bande (c'est ce que Tom disait de lui...).
Son regard s'obscurcit subitement et il se ravisa.

Bill balbutia – je... je... je suis désolé Sam... je peux pas... Il se détourna de Sam et s'assit sur le bord du lit posant sa tête dans ses mains.

Sam hâtivement, remit son tee-shirt, toujours agenouillée derrière le jeune homme. Elle se sentait confuse et coupable de l'état de Bill. Si elle ne l'avait pas chauffé autant, ils n'en seraient pas là tous les deux !!! Quelle imbécile ! pensa t'elle.

Puis posant les mains sur les épaules du garçon.

- c'est pas grave... Bill... c'est pas grave... jt'e demande pardon... tout est ma faute... c'était une mauvaise idée tout ça !

Sam s'étranglait à exprimer ces mots. Elle se plaqua dans le dos de Bill l'enlaçant de ses bras et lui déposant un baiser sur le joue.

- oublions tout ça ?! d'accord ?!

Bill se releva brutalement laissant Sam pantelante. Sa soudaine réaction paralysait la jeune femme qui à cet instant n'arrivait plus à penser à quoi que se soit.

Il réunit précipitamment ses affaires qu'il avait dispersé ça et là autour du lit dans son excitation. Il enfila sa chemise et ses baskets sans prendre le temps de les lacer.

- Bill parle moi... implora Sam...

Mais il ne pouvait rien dire. Rien dire sur le pari stupide fait avec Tom. Le pari de savoir qui des deux se 'ferait' leur traductrice en premier. Tout était parti de là, et ça dégénérait. Bill perdait le contrôle parce qu'au départ de la blague il ne pensait pas tomber amoureux d'elle...

- c'est parce que je ne suis pas une 'groupies' comme les autres ? se serait plus facile pour toi ? Sam avait le c½ur au bord des larmes de se voir ainsi rejeté par Bill.

- ça n'a rien à voir avec toi Sam ?!

- alors regarde-moi et dis-moi que ça n'a rien à voir avec moi !?

Bill se tourna vers Sam, des larmes roulant sur ces joues laissant des stigmates sombres de son maquillage qui coulait.

- je peux pas Sam... c'est tout ! puis il ressortit de la chambre.

Sam demeura ainsi complètement abasourdit. Elle était en train de vivre un cauchemar et elle allait se réveiller, c'était pas possible autrement. Elle ravala tant bien que mal l'énorme boule qui enserrait sa gorge. Elle s'empara de l'ours ailé et le balança dans un geste de colère à l'autre bout de la pièce.
Elle se coucha, éteignit la lumière et resta ainsi recroquevillée à regarder la lune pleine et haute dans un ciel étoilé sans nuages.

Je vais me réveiller... il faut que je me réveille de cet horrible cauchemar...

# Posté le lundi 15 octobre 2007 16:57

Chapitre 10 – Un nouveau départ - Flash Back


Sam examina machinalement son réveil qui indiquait 00h47. Elle n'arrivait pas à trouver le sommeil après l'humiliation qu'elle venait de subir par Bill. Mais elle ne pleurait pas. Elle aurait voulu pourtant mais elle n'y arrivait pas. Elle avait vraisemblablement déjà tout donné l'après-midi même ! Elle se sentait mal pourtant, elle se sentait tarie de toutes sources de larmes, elle se sentait âgée.

Pour chasser ses idées noires et ses soudaines pulsions meurtrières, (c'est vrai, comme il lui aurait semblé délectable de s'immiscer insidieusement dans la chambre de Bill et de l'étrangler pendant son sommeil)elle essaya de se rappeler comment elle avait fini par atterrir ici il y un peu plus d'un an.

A l'époque elle vivait dans un duplex sur la butte Montmartre avec sa tendre Anna et son Misha. Montmartre et sa place du tertre, ses petits bistros et ses peintres, Montmartre et son Sacré C½ur, Montmartre où elle aimait par dessus tout déambuler dans les ruelles typiques de ce vieux Paris. Montmartre et ces vignes...

FLASH BACK...

- Sam ?... Sam ?... Samantha ?!!!

- Quoi ?!? Hé... m'appelle comme ça s'il te plaît, je te l'ai déjà dit 100 fois !

Sam s'éjecta soudainement de son fauteuil de bureau et bondit sur Anna, lui passant la tête sous son bras et faisant mine de lui rompre le coup en lui frottant la tête avec le poing comme si elle frottait de l'ail sur le fond d'un caquelon.

- Arrête, ... mais arrête j'te dis ! rétorqua Anna essayant péniblement de se libérer.

- J't'ai appelé plusieurs fois mais tu avais l'air de dormir les yeux grands ouverts ! Arrête j'te dis...!

Sam, indifférente aux supplications d'Anna, continua, lui maintenant toujours la tête sous son aisselle et commença à la chatouiller furieusement au niveau des hanches.

- Ha,ha, ha.... Arrrêêêtte ! C'est pas possible,... Sam... hi, hi, hi... non Sam arrête ou je vais faire pipi dans ma culotte ! J't'en prie, pardon, pardon ma fleur, je ne recommencerai plus c'est juré ! Mais arrête ce supplice !...

La jeune femme finit par lâcher prise en foudroyant Anna de son regard le plus noir. Puis, fermant à demi les paupières tel un ninja qui va bondir en l'air, poussa un petit cri perçant "Kiiiiaaaa"... Et là, devant le grotesque de la situation elles explosèrent de rire à l'unisson jusqu'aux larmes.
Après quelques instants, Sam reprit ses esprits, se jetant à nouveau dans son fauteuil, les mains derrière la nuque en le faisant tournoyer sur lui même. S'arrêtant un instant face à la fenêtre elle poussa un long soupir.

- On devrait pas avoir à travailler un jour pareil tu ne crois pas ?!

- Sam t'exagères, pour l'instant il n'y a que moi qui ai l'impression de bosser ! Toi tu bailles aux corneilles en rêvant à je ne sais pas quoi ou qui ? T'es gonflé quand même ! Tes traductions elles vont pas se faire toutes seules tu sais,... et c'est pas parce qu'on est payé à l'heure qu'il faut en profiter !

L'attention de Sam virevoltait au vent, les yeux clos, s'imprégnant des rayons du soleil baignant le petit bureau où elles étaient installés toutes les deux, dos à dos.

- Ouais, tu as raison... Ah Monsieur Misha est rentré de sa balade !

Sam se leva et alla ouvrir la fenêtre d'où une petite tête toute grise avec de grands yeux vert émeraude venait de passer dans l'entrebâillement.

c'est bien toi le plus heureux va, tu sors selon tes envies, tu prends la maison pour un vrai moulin, ta gamelle est toujours remplie, ton eau toujours fraîche, tu passes la moitié de l'hiver entre la radiateur et ton vieux fauteuil ! (re soupir), si tu savais ce que je t'envie parfois...prenant à bras le petit Bleu Russe et le présentant au nez d'Anna.

- Hé, ôte cette carpette de ma vue il a encore dû allé traîner je ne sais où !

- Elle dit ça parce qu'elle est en colère mon Misha... mais t'inquiète on sait bien tous les deux qu'elle t'adore ! Répliqua Sam en posant le chat à terre.

- Dis Anna ?... ça te dirait pas une t'ite pose ? Je pense qu'une tasse de thé s'impose !

- Mais tu fais des vers sans en avoir l'air !

- Ouais, je suis trop forte ! Mais sérieusement... regardant sa montre qui affichait déjà 16h53, ça te dis Pas ?

- Si, tu as raison, ça fait 3 heures qu'on n'a pas levé le nez du micro, je pense qu'une petite pose nous fera du bien... je vais faire chauffer l'eau, je te laisse installer la table ! Proposa Anna déjà dans la cuisine faisant couler l'eau pour remplir la bouilloire.

Après un long moment...

- Tiens, le thé est prêt... ! Putain mais qu'est ce que t'as foutu ?! Sam, je te laisse 10 min en te demandant de préparer la table et je te retrouve encore le nez dans les nuages ! Gronda Anna en déposant la tellière sur la table.

- Ah... la table...oui, excuse-moi...je vais chercher les mugs, j'y vais...

Réapparaissant avec les tasses elle s'installa en face de son amie qui la dévisageait avec un air plus inquiet que grincheux.

- Sam, mais qu'est-ce qui t'arrive depuis quelques jours ? J'ai l'impression que t'es ailleurs la plupart du temps. T'as l'air triste, c'est pas dans tes habitudes ! Il y a quelque chose que tu as oublié de me dire ? Tu m'inquiètes beaucoup tu sais ! C'est Steve qui est revenu à la charge et tu veux pas me le dire c'est ça ? Des soucis.... de santé ?!

- Steve ?!? Mais non pas du tout ! Lui c'est bel et bien fini ! Je lui ai collé les points sur les "i" et crois moi il est pas prêt de revenir sonner à notre porte ! En plus j'ai cru comprendre que Caroline lui avait mis le grappin dessus alors bon débarra ! Non c'est pas ça...

- Alors c'est quoi ? On se cache rien habituellement, depuis plus de quinze ans qu'on se connaît on s'est toujours tout dit... qu'est-ce qui se passe ma Samy ?

Sam considérait son amie et sentait clairement qu'elle s'inquiétait. Toujours la fixant, elle saisit la tellière et versa la préparation dans les deux tasses. Une douce odeur de Bergamote et de thé noir s'éleva dans le salon ce qui l'apaisa tout à coup. Elle l'avait préparé comme Sam l'aimait : Earl Grey et mélange anglais. (Ma chère Anna tu as toujours su faire ce qu'il fallait pour me réconforter. Deux nous deux ça à toujours été toi la plus forte qui sait trouver les mots, les gestes... Moi je suis cette maladroite hypersensible qui ne sait pas aligner 2 phrases sans faire de gaffes et qui accumule les bourdes, c'est affligent ! En même temps j'aime tellement ça que tu me maternes, tu le sais fait si bien... )

(soupire..)

- Annachoux, ...je m'ennuie...

-Tu t'ennuies ?! C'est tout ! Tu t'ennuies ! Ecoute, si tu veux on s'habille et ce soir on sort si ça te dit ?

- Ce soir tu as rendez-vous avec Mathieu t'a pas oublié quand même ?

- Et alors ? T'es ma "petite s½ur" ! Alors si tu vas pas bien, je reste avec toi et je vais m'occuper de toi! Tu vas voir si tu t'ennuies ! J't'en ficherai moi des "j'm'ennuie" !

- d'abord il est hors de question que tu annules ta soirée avec Mathieu!... Non c'est pas ça ! Je m'ennuie vraiment ! Je veux dire... ma vie me semble si désespérément inintéressante ! Je me sens si insignifiante... Je sais que je ne devrais pas me plaindre. J'ai un toit sur ma tête, on gagne pas trop mal notre vie ce qui nous permet de payer nos factures, je t'ai toi, Misha...

- Misha ? s'interloqua Anna – cette boule de poil égoïste et snob ?! Ce ventre sur pâtes qui ne pense qu'à manger et dormir ? Il tolère à peine les caresses et ne fait que chasser et draguer : un mâle dans toute sa splendeur oui ! Ma Samy, ce qu'il te faut c'est un chéri, mais un vrai...

- Ah là je t'arrête, c'est certainement la dernière chose dont j'ai réellement besoin ! S'étrangla Sam avec la gorgée de thé qu'elle venait d'ingurgiter – et ne parle pas de Misha comme ça ! Se tournant vers lui qui faisait sa toilette dans son fauteuil et qui n'avait eu aucune réaction à ce que venait de dire Anna à son sujet. – Lui au moins il m'est fidèle... Non, en fait, j'aimerais faire quelque chose de plus "existant", bouger, voir du monde, pas simplement rester vissé derrière un écran toute la journée à faire des traductions ennuyeuses...

- Tu veux dire changer de boulot ? demanda Anna en ajoutant un peu de lait dans sa tasse.
A cet instant Misha dressa ses oreilles et tourna la tête en direction d'Anna.

Tu vois ce que je disais ? dit-elle en faisant un signe tête en direction du chat ce qui fit sourire Sam.

Mais elle savait de toute manière qu'elle aussi aimé beaucoup Misha en dépit de ce qu'elle voulait bien le faire croire. Et de nouveau s'adressant à Sam.

- Et qu'aimerais-tu faire ?

- A vrai dire... j'en sais trop rien, je suis en train de réfléchir depuis quelques jours, mais une chose est sûre il faut que je trouve un sens à ma vie avant qu'il ne soit trop tard !

- tu y réfléchis ! ça veut donc dire que tu y penses depuis un moment alors ?

Oui, c'est vrai, j'y pense depuis un certain temps déjà...

pourquoi ne m'en as-tu rien dit ? je suis ton amie tout de même, on vit et on travaille ensemble, est-ce que tu ne me supportes plus ? supplia Anna avec son petit air de chien battu. Sam adorait qu'elle fasse ça car de cette manière elle obtenait toujours ce quelle voulait.

bien sûr que si petite fleur, bien au contraire et tu le sais ! en fait mon père et Marta me manquent, Hayden aussi, cela fait tellement longtemps que je ne les ai pas vu...

Le père de Sam vivait à Hambourg avec Marta depuis sa retraite. Cela faisait 20 ans qu'ils étaient ensemble et ils avaient eu un fils ensemble, Hayden, 17 ans, son demi-frère qu'elle adorait ! Ils s'appelaient presque tous les jours, heureusement qu'il y avait les forfaits internationaux ! Lorsque que Sam était étudiante à Hambourg elle l'avait presque élevé pendant 3 ans car Marta était très occupé par son travail – consultante en relations publiques à Brême, elle était souvent absente et Sam préférait s'occuper d'Hayden plus tôt que le confier à une nourrice. Marta, elle était formidable avec Sam, elle l'avait toujours considéré comme sa propre fille et n'avaient jamais été en conflit l'une avec l'autre. Sam culpabilisait de dire cela, mais Marta était plus pour une mère que sa propre mère.

vu ta tête ma chérie, quelque chose me dit que tu vas faire ta valise pour Hambourg d'ici peu de temps? Tu en as parlé avec ton frère ?

– oui un peu, autant te dire qu'il est fou de joie !

Anna d'un air triste – alors tu vas me quitter ?

Sam essaya de se cacher derrière une bonne excuse – Mathieu va pouvoir enfin t'avoir à lui tout seul le temps que je serai partie et puis c'est juste le temps de quelques semaines tout au plus histoire de me ressourcer un peu. Je chercherai un petit boulot là-bas histoire de ne pas vivre dans l'oisiveté, ... je pourrai donner des cours de français pourquoi pas ? Et vous viendrez me voir pendant l'été chez mes parents ? Qu'en dis-tu ?

Oui, oui, bien sûr mais ce ne sera pas pareil sans toi ! s'attrista t'elle. Et Misha ? Qu'en fais-tu ?

Sam se redressa et porta Misha dans ses bras - si je ne peux pas t'emmener toi au moins j'emmènerai Misha avec moi, lui aussi il va retourner au pays finalement ! ce dernier frotta sa tête contre sa joue.

au pays ? mais c'est un Bleu Russe ! étouffa t'elle.

oui, c'est vrai mais il est né en Allemagne quand même ! et elles se mirent à rire toutes les deux.

Finalement cette conversation lui fit grand bien et creva l'abcès. Anna malgré sa peine savait bien que son amie ne l'abandonnait pas pour longtemps, pas non plus à l'autre bout du monde, et que de toute manière, elles finiraient toujours par se retrouver... mais Sam avait besoin de regagner sa famille.

A la fin de la semaine, après avoir terminé sa dernière traduction elle prit congé de son éditeur, ses bagages étaient prêts et son billet d'avion réservé. Pour son départ, Mathieu qui s'était étrangement réjoui de la nouvelle et Anna l'avaient invité dans un petit bistro sur la place du Tertre. Ils s'étaient commandé une gigantesque fondue savoyarde pour l'occasion. Sam qui d'ordinaire ne buvait pas ou peu d'alcool, dérogeait à la règle et prit un verre de vin blanc... l'effet s'en fit sentir immédiatement par manque d'habitude ! Et ces deux là, en face d'elle, se payaient ouvertement sa tête car elle se sentait quelque peu enthousiasmée !

c'est ça Samy, lâche-toi un peu... dit-il entre deux fous rires.

Ils eurent beaucoup de mal à reprendre leurs esprits et Sam avoua volontiers qu'il s'en fallu de peu pour pas qu'elle fasse pipi dans sa petite culotte.

La soirée se finit tard, dans la bonne humeur, à évoquer leurs souvenirs de lycée, de fac, des examens, de leurs premiers flirts et de leurs premières vacances en solo en Espagne. C'était drôle, quand elle y repensait, cette conversation lui donnait l'impression qu'elle allait partir pour un sacré long moment alors que normalement elle ne partait que pour 2 ou 3 mois tout au plus...

Le lendemain

Sam somnolait le front posé sur la vitre du train a regarder les paysages défiler devant ses yeux sans vraiment y prêter attention lorsque son portable vibra. Cela la sortit de sa torpeur. Comme elle n'avait pas de passager près d'elle, elle prit la communication.

- allo ?

- Sam ?

- Hayden ! ça va ?

- c'est à toi qui faut demander ça s½urette ! Ton voyage se passe bien ?

- oui... quelque soucis avec mes médicaments à l'aéroport ... mais ça va...j'ai hâte d'arriver. Je pense être à la maison pour 15h45. Est-ce que quelqu'un peu passer me prendre à la gare ?

- se sera moi car je dois t'emmener à l'agence de maman avant de rentrer et apparemment c'est urgent et papa a une réunion à la mairie !

- à l'agence de Marta ?! pourquoi puisqu'on se voit ce soir ?

- écoute, je suis pas sûr mais je crois qu'elle a un projet ou quelque chose dont elle veut te parler et il est impératif que tu passes à ta descente du train, c'est tout ce que je sais!

- j'espère que c'est pas pour un job ? je suis pas encore arrivé qu'elle veut déjà me faire déguerpir de la maison ?!

Hayden éclata de rire à ces mots.

- oui sans doute ! surtout qu'elle t'attend avec impatience depuis 4 jours au moins ! elle dit qu'elle va enfin pouvoir espérer un peu de solidarité féminine !

- j'aurai pas le temps de me changer avant ?

- impérativement à ta descente du train qu'elle m'a dit ! tu veux qu'elle m'assassine ou quoi ?!

- non, c'est pas ça, mais je suis en jean et converses alors si elle a l'attention de me présenter pour un job il ne faut pas qu'ils soient trop regardant sur ma tenue !

Hayden eu de nouveau un fou rire.

- mais non t'inquiète et comme dab tu seras toujours aussi jolie je m'inquiète pas sur ce point. Bon je serai là dans 20 minutes !

ok alors à tout de suite, bye ! Répondit Sam mais il avait déjà raccroché.

Sam pivota vers le panier en osier où Misha sommeillait. Lui au moins le voyage ne l'avait pas trop perturbé malgré le voyage en soute de l'avion. C'était un voyageur adorable Sam ne pouvait pas se plaindre. Il avait même eu droit à son lot de câlins, lorsqu'une petite fille et sa maman étaient venues s'installer près d'eux dans la salle d'embarquement.

Sam pensait à Anna et ses dernières recommandations à l'aéroport "profite Sam, éclate-toi un peu et reviens nous en forme !" Ouais sauf que si Marta lui avait déjà dégoté un job à peine arrivé elle n'allait pas s'éclater beaucoup ni se reposer tout de suite...

Lorsqu'elle arriva enfin, on se serait cru dans un vieux mélo tellement la scène était quelque peu émouvante et... pathétique. Sam descendit donc du train, son sac à main en bandoulière, le panier de Misha dans une main et une énorme valise dans l'autre qu'elle eu peine à faire descendre. Vu son heure d'arrivée il n'y avait pas foule sur le quai et lorsqu'elle scruta de chaque côté pour voir si son frère était arrivé elle entendit une voix qui retentit vers sa droite. Au départ elle n'y prêta pas attention car ce n'était certainement pas destiné pour elle.

Mon amour !!!.... mon amour... enfin te voilà !

Ce cri était si soudain que Sam virevolta tout de même dans sa direction pour apercevoir la chanceuse à qui il était destiné. A ce même instant,...elle ne su pas trop mais elle aurait préféré être n'importe où ailleurs... plutôt que là ! Elle fronça les yeux car de loin elle ne discernait pas grand chose sans ses lunettes, qui le plus fréquemment, étaient planquées dans le fond de son sac au lieu d'être vissées sur le bout de son nez. Donc Sam fonçait ses yeux et là, à sa grande stupeur, elle reconnu son frère accourant vers elle les bras tendus et vociférant...

– mon amour... ma chérie... si tu savais comme tu m'as manqué !!! C'était "ça" le grotesque de la scène. Face à cet immense cri d'amour, les voyageurs présents sur le quai se retournèrent stupéfaits et pour certains très amusés. Hayden se jeta littéralement sur sa soeur. Sam, les mains prises, ne pouvait absolument pas bouger mais elle était également pétrifié par... la honte !

Hayden la serrait contre lui en parlant toujours aussi fort.
– ma chérie c'est si bon de te voir!

Hayden ?!... Hayden t'es con ou quoi ?! Qu'est ce qui t'arrive ?! riposta Sam tentant de se débattre.

Il s'écarta un peu et la considéra – je sais pas... j'ai toujours rêvé de faire ça ! répliqua-t-il d'un air réjoui.

mais ça va pas la tête t'es vraiment un grand malade !?

Sam s'adressant aux voyageurs qui les dévisageaient toujours.

excusez-le mais il n'a pas pris ces médicaments ce matin !

Puis tout bas entre ses dents.

- moi aussi je suis heureuse de te voir petit frère !

Il l'étreignit de nouveau contre lui.

Hé salut toi la boule de poil, alors t'étais du voyage aussi?

Bah j'allais pas l'abandonner à Paris tout de même alors qu'un grand jardin l'attend ici ?!

c'est papa qui va être content lui qui râle tout le temps après le chat des voisins...

Ils s'orientèrent vers la sortie où selon les explications d'Hayden un taxi les attendait. Comme il n'avait pas encore son permis de conduire, il était venu la chercher en tram. Hayden chargea la valise de sa s½ur dans le coffre et, le panier de Misha sur les genoux, ils s'installèrent à l'arrière de la grosse cylindrée allemande.
Hayden commanda au chauffeur de les conduire jusqu'à l'agence de Marta qui se trouvait non loin du bassin de l'Alster sur la Jungfernsteig, chaussée animée et populaire de la ville et un des coins que Sam préférait à Hambourg.

Lorsqu'ils eurent quitté la gare, Sam resta un long moment sans rien dire à s'imprégner de nouveau de la ville, cette ville d'eau qu'elle aimait tant. Ils passèrent à proximité du "Planten un Blomen", le jardin des plantes en quelque sorte, où elle avait beaucoup emmené jouer Hayden lorsqu'il était plus jeune. Ils se faisaient de grandes parties de foot, de cerf-volant et ils passaient fréquemment de longs moments à engloutir d'énormes glaces italiennes à la vanille et à la fraise qui leur valaient de bonnes réprimandes de Marta lorsqu'ils rentraient à la maison et qu'ils n'avaient pas très faim au dîné. Elle pivota vers lui et en croisant son regard, elle devina qu'il pensait exactement à la même chose qu'elle. Ca la fit sourire. Son frère aussi.

Elle le contemplait. Comme il avait changé son petit frère. C'était aujourd'hui un beau jeune homme de 17 ans qui en paraissait un peu plus. Les cheveux châtain clair, de grands yeux gris-vert et qui plafonnait maintenant à au moins 1 mètre 85 ! Il avait tout pris ou presque de sa mère. Moi en revanche plafonnant à 1 mètre 70, les yeux noisettes et les cheveux châtain cuivrés j'étais plutôt le portrait de mon père, notre père...

c'est super que tu sois revenu, on va pouvoir se retrouver et faire la fête. Ce soir je t'emmène dans le quartier Saint Paul et on va célébrer ton retour dac?

Sam l'air nostalgique mais heureuse d'être avec lui.

Ok ! mais voyons d'abord ce que Marta a à me dire de si urgent que je ne puisse pas aller embrasser mon père de suite...

Arrivés devant l'agence, Hayden déchargea la voiture, paya le chauffeur et on pénétra à l'intérieur. Il faisait encore assez froid sur Hambourg en cette fin d'avril malgré le soleil qui rayonnait et Sam regrettait de ne pas avoir pris une veste plus chaude. Mais il faisait presque bon lorsqu'elle avait quitté Paris et sa veste en jean lui suffisait amplement pour partir.

L'agence était toute petite, une annexe en fait car Marta travaillait la plupart du temps à Brême au siège. Apparemment ces derniers mois elle n'avait presque plus quitté Hambourg au grand bonheur de papa. Sam la suspectait de préparer "son départ" en retraite en douceur. Lorsqu'elle nous aperçu, elle vint immédiatement à leur rencontre et serra à son tour la jeune femme dans ses bras.

ma chérie qu'elle joie de te voir enfin, tu as fait bon voyage ? tu n'es pas trop fatigué ? tu as faim, tu veux une tasse de thé ?

- heu... pour moi aussi...oui...ça va...et non merci pas pour le moment... répondit Sam en l'embrassant.

désolé ma chérie, je suis tellement heureuse de te voir et merci d'être passé si vite !

Sam entre les dents à l'attention de son frère – avais-je réellement le choix ?

écoute je n'ai pas vraiment pu t'expliquer pourquoi il fallait que tu passes car je n'en connais pas exactement tous les aboutissants.

Sam examinait sa belle-mère d'un air perplexe.

j'ai une amie avec qui je travaille à Brême qui a son fils qui cherche une personne en urgence pour encadrer une équipe de jeunes.

de jeunes ? ça a un rapport avec ton activité dans les relations publiques ?

Sam, je suis désolé mais elle-même n'en sait pas beaucoup plus que moi, ce qu'elle sait, c'est que tu parles anglais, français et allemand et qu'il a besoin de quelqu'un avec au moins ces compétences là !

heu...d'accord ...mais...c'est tout ?

– écoute, le mieux c'est que tu montes au premier, ils t'attendent là-haut! Cela dit, si le job ne te convient pas essaie toujours d'obtenir son numéro téléphone car il est très joli garçon !

Sam, embarrassée devant son frère qui explosa de rire.

- Marta !?! Ca va oui ! riposta-t-elle sur un ton faussement offusqué.

- soyez gentils de sortir Misha de son panier en attendant et surtout le laissez pas sortir !

Sam monta. Arrivée sur le palier de la porte du premier d'où elle pouvait entendre des voix elle frappa.

oui, entre Marta !

Sam entreprit d'ouvrir et se hasarda à passer sa tête dans l'encadrement.

désolé c'est pas Marta c'est Sam ! lança t'elle.

Ah très bien et bien je vous laisse discuter tous les deux ! dit-elle en croisant Sam et quitta la pièce.

Il y a avait là, debout adossé au mur, un homme de 30 – 35 ans tout au plus. Marta avait raison il était pas mal du tout. Sam trouva qu'il n'avait pas vraiment le physique allemand et en fait, les allemands, même si elle avait vécu là quelque temps et qu'elle en maîtrisait parfaitement la langue depuis longtemps, n'étaient pas trop sa tasse de thé ! Trop froids à son goût! Mais tout de même, il fallait avouer qu'il était pas mal celui-ci, grand, mince, châtain, les yeux clairs...
En revanche qu'avait-il à la jauger ainsi ? Elle avait pourtant avisé qu'elle ne serait pas très fraîche à l'arrivée mais à ce point là il faut pas exagérer tout de même ! Il est là, bouche bée qu'on à l'impression qu'il gobe les mouches.

Oui ?! lança Sam hésitante – c'est vous qui vouliez me voir ?

– Non !?...Oui!?... pardon... en faite.... Heu...

Oui ou non ?!

Lui après un instant d'hésitation et après bien l'avoir détaillé du regard.

en fait j'attendais un homme, excusez ma réaction - répondit-il en venant lui serrer la main et en l'invitant à s'assoire.

vous attendiez un homme? répéta Sam décontenancée.

vous êtes Sam c'est ça ?

oui, je suis Sam et vous vous êtes ?

moi ?! oh oui pardon, je suis David Jost, bonjour! Je suis désolé en fait j'étais persuadé que...

que j'étais un garçon, oui, vous l'avez déjà dit ça, vous avez l'air déçu ?

non pas du tout ...mais je n'avais pas envisagé les choses sous cet angle...

écoutez ! apparemment vous cherchiez un mec alors je ne vais pas vous faire perdre votre temps ni le miens. J'arrive à l'instant de Paris, je suis crevé, je voudrais me doucher, me changer et me poser chez moi s'il cela ne vous dérange pas trop !

Sam était très agacée et piquée au vif par la réaction du type en face d'elle. Elle se leva donc pour tourner les talons et sortir.

non ne partez-pas, je suis désolé... (dans sa moustache) – c'est Tom qui va être comblé !

– je vous demande pardon ?

non, restez, s'il vous plait,... Sam? S'il vous plait? en me montrant la chaise – asseyez-vous.

Sam s'exécuta pensant à Marta qui avait certainement fait des pieds et des mains pour son amie. Elle s'assit donc et lui, vint se poser sur le rebord de la table face à elle.

alors, il paraît que vous avez peut-être un job de baby-sitter à me proposer et que c'est urgent !

David éclata de rire à sa réflexion.

Décidément ce type se payait sa tête !

de baby-sitter ? ...non pas exactement... bien que parfois on se le demande tout de même. Ecoutez Sam on recommence tout vous voulez bien ?

De nouveau me tendant la main.

bonjour Sam, je suis David Jost.

bonjour David Jost, moi je suis Samantha Schaeffer mais surtout... s'il vous plait....appelez-moi Sam !

L'atmosphère s'apaisa dans la seconde suivant leur poignée de main. Ils étaient partis sur de mauvaises bases...


# Posté le vendredi 19 octobre 2007 14:18