Sam examina machinalement son réveil qui indiquait 00h47. Elle n'arrivait pas à trouver le sommeil après l'humiliation qu'elle venait de subir par Bill. Mais elle ne pleurait pas. Elle aurait voulu pourtant mais elle n'y arrivait pas. Elle avait vraisemblablement déjà tout donné l'après-midi même ! Elle se sentait mal pourtant, elle se sentait tarie de toutes sources de larmes, elle se sentait âgée.
Pour chasser ses idées noires et ses soudaines pulsions meurtrières, (c'est vrai, comme il lui aurait semblé délectable de s'immiscer insidieusement dans la chambre de Bill et de l'étrangler pendant son sommeil)elle essaya de se rappeler comment elle avait fini par atterrir ici il y un peu plus d'un an.
A l'époque elle vivait dans un duplex sur la butte Montmartre avec sa tendre Anna et son Misha. Montmartre et sa place du tertre, ses petits bistros et ses peintres, Montmartre et son Sacré C½ur, Montmartre où elle aimait par dessus tout déambuler dans les ruelles typiques de ce vieux Paris. Montmartre et ces vignes...
FLASH BACK...
- Sam ?... Sam ?... Samantha ?!!!
- Quoi ?!? Hé... m'appelle comme ça s'il te plaît, je te l'ai déjà dit 100 fois !
Sam s'éjecta soudainement de son fauteuil de bureau et bondit sur Anna, lui passant la tête sous son bras et faisant mine de lui rompre le coup en lui frottant la tête avec le poing comme si elle frottait de l'ail sur le fond d'un caquelon.
- Arrête, ... mais arrête j'te dis ! rétorqua Anna essayant péniblement de se libérer.
- J't'ai appelé plusieurs fois mais tu avais l'air de dormir les yeux grands ouverts ! Arrête j'te dis...!
Sam, indifférente aux supplications d'Anna, continua, lui maintenant toujours la tête sous son aisselle et commença à la chatouiller furieusement au niveau des hanches.
- Ha,ha, ha.... Arrrêêêtte ! C'est pas possible,... Sam... hi, hi, hi... non Sam arrête ou je vais faire pipi dans ma culotte ! J't'en prie, pardon, pardon ma fleur, je ne recommencerai plus c'est juré ! Mais arrête ce supplice !...
La jeune femme finit par lâcher prise en foudroyant Anna de son regard le plus noir. Puis, fermant à demi les paupières tel un ninja qui va bondir en l'air, poussa un petit cri perçant "Kiiiiaaaa"... Et là, devant le grotesque de la situation elles explosèrent de rire à l'unisson jusqu'aux larmes.
Après quelques instants, Sam reprit ses esprits, se jetant à nouveau dans son fauteuil, les mains derrière la nuque en le faisant tournoyer sur lui même. S'arrêtant un instant face à la fenêtre elle poussa un long soupir.
- On devrait pas avoir à travailler un jour pareil tu ne crois pas ?!
- Sam t'exagères, pour l'instant il n'y a que moi qui ai l'impression de bosser ! Toi tu bailles aux corneilles en rêvant à je ne sais pas quoi ou qui ? T'es gonflé quand même ! Tes traductions elles vont pas se faire toutes seules tu sais,... et c'est pas parce qu'on est payé à l'heure qu'il faut en profiter !
L'attention de Sam virevoltait au vent, les yeux clos, s'imprégnant des rayons du soleil baignant le petit bureau où elles étaient installés toutes les deux, dos à dos.
- Ouais, tu as raison... Ah Monsieur Misha est rentré de sa balade !
Sam se leva et alla ouvrir la fenêtre d'où une petite tête toute grise avec de grands yeux vert émeraude venait de passer dans l'entrebâillement.
– c'est bien toi le plus heureux va, tu sors selon tes envies, tu prends la maison pour un vrai moulin, ta gamelle est toujours remplie, ton eau toujours fraîche, tu passes la moitié de l'hiver entre la radiateur et ton vieux fauteuil ! (re soupir), si tu savais ce que je t'envie parfois...prenant à bras le petit Bleu Russe et le présentant au nez d'Anna.
- Hé, ôte cette carpette de ma vue il a encore dû allé traîner je ne sais où !
- Elle dit ça parce qu'elle est en colère mon Misha... mais t'inquiète on sait bien tous les deux qu'elle t'adore ! Répliqua Sam en posant le chat à terre.
- Dis Anna ?... ça te dirait pas une t'ite pose ? Je pense qu'une tasse de thé s'impose !
- Mais tu fais des vers sans en avoir l'air !
- Ouais, je suis trop forte ! Mais sérieusement... regardant sa montre qui affichait déjà 16h53, ça te dis Pas ?
- Si, tu as raison, ça fait 3 heures qu'on n'a pas levé le nez du micro, je pense qu'une petite pose nous fera du bien... je vais faire chauffer l'eau, je te laisse installer la table ! Proposa Anna déjà dans la cuisine faisant couler l'eau pour remplir la bouilloire.
Après un long moment...
- Tiens, le thé est prêt... ! Putain mais qu'est ce que t'as foutu ?! Sam, je te laisse 10 min en te demandant de préparer la table et je te retrouve encore le nez dans les nuages ! Gronda Anna en déposant la tellière sur la table.
- Ah... la table...oui, excuse-moi...je vais chercher les mugs, j'y vais...
Réapparaissant avec les tasses elle s'installa en face de son amie qui la dévisageait avec un air plus inquiet que grincheux.
- Sam, mais qu'est-ce qui t'arrive depuis quelques jours ? J'ai l'impression que t'es ailleurs la plupart du temps. T'as l'air triste, c'est pas dans tes habitudes ! Il y a quelque chose que tu as oublié de me dire ? Tu m'inquiètes beaucoup tu sais ! C'est Steve qui est revenu à la charge et tu veux pas me le dire c'est ça ? Des soucis.... de santé ?!
- Steve ?!? Mais non pas du tout ! Lui c'est bel et bien fini ! Je lui ai collé les points sur les "i" et crois moi il est pas prêt de revenir sonner à notre porte ! En plus j'ai cru comprendre que Caroline lui avait mis le grappin dessus alors bon débarra ! Non c'est pas ça...
- Alors c'est quoi ? On se cache rien habituellement, depuis plus de quinze ans qu'on se connaît on s'est toujours tout dit... qu'est-ce qui se passe ma Samy ?
Sam considérait son amie et sentait clairement qu'elle s'inquiétait. Toujours la fixant, elle saisit la tellière et versa la préparation dans les deux tasses. Une douce odeur de Bergamote et de thé noir s'éleva dans le salon ce qui l'apaisa tout à coup. Elle l'avait préparé comme Sam l'aimait : Earl Grey et mélange anglais. (Ma chère Anna tu as toujours su faire ce qu'il fallait pour me réconforter. Deux nous deux ça à toujours été toi la plus forte qui sait trouver les mots, les gestes... Moi je suis cette maladroite hypersensible qui ne sait pas aligner 2 phrases sans faire de gaffes et qui accumule les bourdes, c'est affligent ! En même temps j'aime tellement ça que tu me maternes, tu le sais fait si bien... )
(soupire..)
- Annachoux, ...je m'ennuie...
-Tu t'ennuies ?! C'est tout ! Tu t'ennuies ! Ecoute, si tu veux on s'habille et ce soir on sort si ça te dit ?
- Ce soir tu as rendez-vous avec Mathieu t'a pas oublié quand même ?
- Et alors ? T'es ma "petite s½ur" ! Alors si tu vas pas bien, je reste avec toi et je vais m'occuper de toi! Tu vas voir si tu t'ennuies ! J't'en ficherai moi des "j'm'ennuie" !
- d'abord il est hors de question que tu annules ta soirée avec Mathieu!... Non c'est pas ça ! Je m'ennuie vraiment ! Je veux dire... ma vie me semble si désespérément inintéressante ! Je me sens si insignifiante... Je sais que je ne devrais pas me plaindre. J'ai un toit sur ma tête, on gagne pas trop mal notre vie ce qui nous permet de payer nos factures, je t'ai toi, Misha...
- Misha ? s'interloqua Anna – cette boule de poil égoïste et snob ?! Ce ventre sur pâtes qui ne pense qu'à manger et dormir ? Il tolère à peine les caresses et ne fait que chasser et draguer : un mâle dans toute sa splendeur oui ! Ma Samy, ce qu'il te faut c'est un chéri, mais un vrai...
- Ah là je t'arrête, c'est certainement la dernière chose dont j'ai réellement besoin ! S'étrangla Sam avec la gorgée de thé qu'elle venait d'ingurgiter – et ne parle pas de Misha comme ça ! Se tournant vers lui qui faisait sa toilette dans son fauteuil et qui n'avait eu aucune réaction à ce que venait de dire Anna à son sujet. – Lui au moins il m'est fidèle... Non, en fait, j'aimerais faire quelque chose de plus "existant", bouger, voir du monde, pas simplement rester vissé derrière un écran toute la journée à faire des traductions ennuyeuses...
- Tu veux dire changer de boulot ? demanda Anna en ajoutant un peu de lait dans sa tasse.
A cet instant Misha dressa ses oreilles et tourna la tête en direction d'Anna.
– Tu vois ce que je disais ? dit-elle en faisant un signe tête en direction du chat ce qui fit sourire Sam.
Mais elle savait de toute manière qu'elle aussi aimé beaucoup Misha en dépit de ce qu'elle voulait bien le faire croire. Et de nouveau s'adressant à Sam.
- Et qu'aimerais-tu faire ?
- A vrai dire... j'en sais trop rien, je suis en train de réfléchir depuis quelques jours, mais une chose est sûre il faut que je trouve un sens à ma vie avant qu'il ne soit trop tard !
- tu y réfléchis ! ça veut donc dire que tu y penses depuis un moment alors ?
– Oui, c'est vrai, j'y pense depuis un certain temps déjà...
– pourquoi ne m'en as-tu rien dit ? je suis ton amie tout de même, on vit et on travaille ensemble, est-ce que tu ne me supportes plus ? supplia Anna avec son petit air de chien battu. Sam adorait qu'elle fasse ça car de cette manière elle obtenait toujours ce quelle voulait.
– bien sûr que si petite fleur, bien au contraire et tu le sais ! en fait mon père et Marta me manquent, Hayden aussi, cela fait tellement longtemps que je ne les ai pas vu...
Le père de Sam vivait à Hambourg avec Marta depuis sa retraite. Cela faisait 20 ans qu'ils étaient ensemble et ils avaient eu un fils ensemble, Hayden, 17 ans, son demi-frère qu'elle adorait ! Ils s'appelaient presque tous les jours, heureusement qu'il y avait les forfaits internationaux ! Lorsque que Sam était étudiante à Hambourg elle l'avait presque élevé pendant 3 ans car Marta était très occupé par son travail – consultante en relations publiques à Brême, elle était souvent absente et Sam préférait s'occuper d'Hayden plus tôt que le confier à une nourrice. Marta, elle était formidable avec Sam, elle l'avait toujours considéré comme sa propre fille et n'avaient jamais été en conflit l'une avec l'autre. Sam culpabilisait de dire cela, mais Marta était plus pour une mère que sa propre mère.
– vu ta tête ma chérie, quelque chose me dit que tu vas faire ta valise pour Hambourg d'ici peu de temps? Tu en as parlé avec ton frère ?
– oui un peu, autant te dire qu'il est fou de joie !
Anna d'un air triste – alors tu vas me quitter ?
Sam essaya de se cacher derrière une bonne excuse – Mathieu va pouvoir enfin t'avoir à lui tout seul le temps que je serai partie et puis c'est juste le temps de quelques semaines tout au plus histoire de me ressourcer un peu. Je chercherai un petit boulot là-bas histoire de ne pas vivre dans l'oisiveté, ... je pourrai donner des cours de français pourquoi pas ? Et vous viendrez me voir pendant l'été chez mes parents ? Qu'en dis-tu ?
– Oui, oui, bien sûr mais ce ne sera pas pareil sans toi ! s'attrista t'elle. Et Misha ? Qu'en fais-tu ?
Sam se redressa et porta Misha dans ses bras - si je ne peux pas t'emmener toi au moins j'emmènerai Misha avec moi, lui aussi il va retourner au pays finalement ! ce dernier frotta sa tête contre sa joue.
– au pays ? mais c'est un Bleu Russe ! étouffa t'elle.
– oui, c'est vrai mais il est né en Allemagne quand même ! et elles se mirent à rire toutes les deux.
Finalement cette conversation lui fit grand bien et creva l'abcès. Anna malgré sa peine savait bien que son amie ne l'abandonnait pas pour longtemps, pas non plus à l'autre bout du monde, et que de toute manière, elles finiraient toujours par se retrouver... mais Sam avait besoin de regagner sa famille.
A la fin de la semaine, après avoir terminé sa dernière traduction elle prit congé de son éditeur, ses bagages étaient prêts et son billet d'avion réservé. Pour son départ, Mathieu qui s'était étrangement réjoui de la nouvelle et Anna l'avaient invité dans un petit bistro sur la place du Tertre. Ils s'étaient commandé une gigantesque fondue savoyarde pour l'occasion. Sam qui d'ordinaire ne buvait pas ou peu d'alcool, dérogeait à la règle et prit un verre de vin blanc... l'effet s'en fit sentir immédiatement par manque d'habitude ! Et ces deux là, en face d'elle, se payaient ouvertement sa tête car elle se sentait quelque peu enthousiasmée !
– c'est ça Samy, lâche-toi un peu... dit-il entre deux fous rires.
Ils eurent beaucoup de mal à reprendre leurs esprits et Sam avoua volontiers qu'il s'en fallu de peu pour pas qu'elle fasse pipi dans sa petite culotte.
La soirée se finit tard, dans la bonne humeur, à évoquer leurs souvenirs de lycée, de fac, des examens, de leurs premiers flirts et de leurs premières vacances en solo en Espagne. C'était drôle, quand elle y repensait, cette conversation lui donnait l'impression qu'elle allait partir pour un sacré long moment alors que normalement elle ne partait que pour 2 ou 3 mois tout au plus...
Le lendemain
Sam somnolait le front posé sur la vitre du train a regarder les paysages défiler devant ses yeux sans vraiment y prêter attention lorsque son portable vibra. Cela la sortit de sa torpeur. Comme elle n'avait pas de passager près d'elle, elle prit la communication.
- allo ?
- Sam ?
- Hayden ! ça va ?
- c'est à toi qui faut demander ça s½urette ! Ton voyage se passe bien ?
- oui... quelque soucis avec mes médicaments à l'aéroport ... mais ça va...j'ai hâte d'arriver. Je pense être à la maison pour 15h45. Est-ce que quelqu'un peu passer me prendre à la gare ?
- se sera moi car je dois t'emmener à l'agence de maman avant de rentrer et apparemment c'est urgent et papa a une réunion à la mairie !
- à l'agence de Marta ?! pourquoi puisqu'on se voit ce soir ?
- écoute, je suis pas sûr mais je crois qu'elle a un projet ou quelque chose dont elle veut te parler et il est impératif que tu passes à ta descente du train, c'est tout ce que je sais!
- j'espère que c'est pas pour un job ? je suis pas encore arrivé qu'elle veut déjà me faire déguerpir de la maison ?!
Hayden éclata de rire à ces mots.
- oui sans doute ! surtout qu'elle t'attend avec impatience depuis 4 jours au moins ! elle dit qu'elle va enfin pouvoir espérer un peu de solidarité féminine !
- j'aurai pas le temps de me changer avant ?
- impérativement à ta descente du train qu'elle m'a dit ! tu veux qu'elle m'assassine ou quoi ?!
- non, c'est pas ça, mais je suis en jean et converses alors si elle a l'attention de me présenter pour un job il ne faut pas qu'ils soient trop regardant sur ma tenue !
Hayden eu de nouveau un fou rire.
- mais non t'inquiète et comme dab tu seras toujours aussi jolie je m'inquiète pas sur ce point. Bon je serai là dans 20 minutes !
– ok alors à tout de suite, bye ! Répondit Sam mais il avait déjà raccroché.
Sam pivota vers le panier en osier où Misha sommeillait. Lui au moins le voyage ne l'avait pas trop perturbé malgré le voyage en soute de l'avion. C'était un voyageur adorable Sam ne pouvait pas se plaindre. Il avait même eu droit à son lot de câlins, lorsqu'une petite fille et sa maman étaient venues s'installer près d'eux dans la salle d'embarquement.
Sam pensait à Anna et ses dernières recommandations à l'aéroport "profite Sam, éclate-toi un peu et reviens nous en forme !" Ouais sauf que si Marta lui avait déjà dégoté un job à peine arrivé elle n'allait pas s'éclater beaucoup ni se reposer tout de suite...
Lorsqu'elle arriva enfin, on se serait cru dans un vieux mélo tellement la scène était quelque peu émouvante et... pathétique. Sam descendit donc du train, son sac à main en bandoulière, le panier de Misha dans une main et une énorme valise dans l'autre qu'elle eu peine à faire descendre. Vu son heure d'arrivée il n'y avait pas foule sur le quai et lorsqu'elle scruta de chaque côté pour voir si son frère était arrivé elle entendit une voix qui retentit vers sa droite. Au départ elle n'y prêta pas attention car ce n'était certainement pas destiné pour elle.
– Mon amour !!!.... mon amour... enfin te voilà !
Ce cri était si soudain que Sam virevolta tout de même dans sa direction pour apercevoir la chanceuse à qui il était destiné. A ce même instant,...elle ne su pas trop mais elle aurait préféré être n'importe où ailleurs... plutôt que là ! Elle fronça les yeux car de loin elle ne discernait pas grand chose sans ses lunettes, qui le plus fréquemment, étaient planquées dans le fond de son sac au lieu d'être vissées sur le bout de son nez. Donc Sam fonçait ses yeux et là, à sa grande stupeur, elle reconnu son frère accourant vers elle les bras tendus et vociférant...
– mon amour... ma chérie... si tu savais comme tu m'as manqué !!! C'était "ça" le grotesque de la scène. Face à cet immense cri d'amour, les voyageurs présents sur le quai se retournèrent stupéfaits et pour certains très amusés. Hayden se jeta littéralement sur sa soeur. Sam, les mains prises, ne pouvait absolument pas bouger mais elle était également pétrifié par... la honte !
Hayden la serrait contre lui en parlant toujours aussi fort.
– ma chérie c'est si bon de te voir!
– Hayden ?!... Hayden t'es con ou quoi ?! Qu'est ce qui t'arrive ?! riposta Sam tentant de se débattre.
Il s'écarta un peu et la considéra – je sais pas... j'ai toujours rêvé de faire ça ! répliqua-t-il d'un air réjoui.
– mais ça va pas la tête t'es vraiment un grand malade !?
Sam s'adressant aux voyageurs qui les dévisageaient toujours.
– excusez-le mais il n'a pas pris ces médicaments ce matin !
Puis tout bas entre ses dents.
- moi aussi je suis heureuse de te voir petit frère !
Il l'étreignit de nouveau contre lui.
– Hé salut toi la boule de poil, alors t'étais du voyage aussi?
– Bah j'allais pas l'abandonner à Paris tout de même alors qu'un grand jardin l'attend ici ?!
– c'est papa qui va être content lui qui râle tout le temps après le chat des voisins...
Ils s'orientèrent vers la sortie où selon les explications d'Hayden un taxi les attendait. Comme il n'avait pas encore son permis de conduire, il était venu la chercher en tram. Hayden chargea la valise de sa s½ur dans le coffre et, le panier de Misha sur les genoux, ils s'installèrent à l'arrière de la grosse cylindrée allemande.
Hayden commanda au chauffeur de les conduire jusqu'à l'agence de Marta qui se trouvait non loin du bassin de l'Alster sur la Jungfernsteig, chaussée animée et populaire de la ville et un des coins que Sam préférait à Hambourg.
Lorsqu'ils eurent quitté la gare, Sam resta un long moment sans rien dire à s'imprégner de nouveau de la ville, cette ville d'eau qu'elle aimait tant. Ils passèrent à proximité du "Planten un Blomen", le jardin des plantes en quelque sorte, où elle avait beaucoup emmené jouer Hayden lorsqu'il était plus jeune. Ils se faisaient de grandes parties de foot, de cerf-volant et ils passaient fréquemment de longs moments à engloutir d'énormes glaces italiennes à la vanille et à la fraise qui leur valaient de bonnes réprimandes de Marta lorsqu'ils rentraient à la maison et qu'ils n'avaient pas très faim au dîné. Elle pivota vers lui et en croisant son regard, elle devina qu'il pensait exactement à la même chose qu'elle. Ca la fit sourire. Son frère aussi.
Elle le contemplait. Comme il avait changé son petit frère. C'était aujourd'hui un beau jeune homme de 17 ans qui en paraissait un peu plus. Les cheveux châtain clair, de grands yeux gris-vert et qui plafonnait maintenant à au moins 1 mètre 85 ! Il avait tout pris ou presque de sa mère. Moi en revanche plafonnant à 1 mètre 70, les yeux noisettes et les cheveux châtain cuivrés j'étais plutôt le portrait de mon père, notre père...
– c'est super que tu sois revenu, on va pouvoir se retrouver et faire la fête. Ce soir je t'emmène dans le quartier Saint Paul et on va célébrer ton retour dac?
Sam l'air nostalgique mais heureuse d'être avec lui.
– Ok ! mais voyons d'abord ce que Marta a à me dire de si urgent que je ne puisse pas aller embrasser mon père de suite...
Arrivés devant l'agence, Hayden déchargea la voiture, paya le chauffeur et on pénétra à l'intérieur. Il faisait encore assez froid sur Hambourg en cette fin d'avril malgré le soleil qui rayonnait et Sam regrettait de ne pas avoir pris une veste plus chaude. Mais il faisait presque bon lorsqu'elle avait quitté Paris et sa veste en jean lui suffisait amplement pour partir.
L'agence était toute petite, une annexe en fait car Marta travaillait la plupart du temps à Brême au siège. Apparemment ces derniers mois elle n'avait presque plus quitté Hambourg au grand bonheur de papa. Sam la suspectait de préparer "son départ" en retraite en douceur. Lorsqu'elle nous aperçu, elle vint immédiatement à leur rencontre et serra à son tour la jeune femme dans ses bras.
– ma chérie qu'elle joie de te voir enfin, tu as fait bon voyage ? tu n'es pas trop fatigué ? tu as faim, tu veux une tasse de thé ?
- heu... pour moi aussi...oui...ça va...et non merci pas pour le moment... répondit Sam en l'embrassant.
– désolé ma chérie, je suis tellement heureuse de te voir et merci d'être passé si vite !
Sam entre les dents à l'attention de son frère – avais-je réellement le choix ?
– écoute je n'ai pas vraiment pu t'expliquer pourquoi il fallait que tu passes car je n'en connais pas exactement tous les aboutissants.
Sam examinait sa belle-mère d'un air perplexe.
– j'ai une amie avec qui je travaille à Brême qui a son fils qui cherche une personne en urgence pour encadrer une équipe de jeunes.
– de jeunes ? ça a un rapport avec ton activité dans les relations publiques ?
– Sam, je suis désolé mais elle-même n'en sait pas beaucoup plus que moi, ce qu'elle sait, c'est que tu parles anglais, français et allemand et qu'il a besoin de quelqu'un avec au moins ces compétences là !
– heu...d'accord ...mais...c'est tout ?
– écoute, le mieux c'est que tu montes au premier, ils t'attendent là-haut! Cela dit, si le job ne te convient pas essaie toujours d'obtenir son numéro téléphone car il est très joli garçon !
Sam, embarrassée devant son frère qui explosa de rire.
- Marta !?! Ca va oui ! riposta-t-elle sur un ton faussement offusqué.
- soyez gentils de sortir Misha de son panier en attendant et surtout le laissez pas sortir !
Sam monta. Arrivée sur le palier de la porte du premier d'où elle pouvait entendre des voix elle frappa.
– oui, entre Marta !
Sam entreprit d'ouvrir et se hasarda à passer sa tête dans l'encadrement.
– désolé c'est pas Marta c'est Sam ! lança t'elle.
– Ah très bien et bien je vous laisse discuter tous les deux ! dit-elle en croisant Sam et quitta la pièce.
Il y a avait là, debout adossé au mur, un homme de 30 – 35 ans tout au plus. Marta avait raison il était pas mal du tout. Sam trouva qu'il n'avait pas vraiment le physique allemand et en fait, les allemands, même si elle avait vécu là quelque temps et qu'elle en maîtrisait parfaitement la langue depuis longtemps, n'étaient pas trop sa tasse de thé ! Trop froids à son goût! Mais tout de même, il fallait avouer qu'il était pas mal celui-ci, grand, mince, châtain, les yeux clairs...
En revanche qu'avait-il à la jauger ainsi ? Elle avait pourtant avisé qu'elle ne serait pas très fraîche à l'arrivée mais à ce point là il faut pas exagérer tout de même ! Il est là, bouche bée qu'on à l'impression qu'il gobe les mouches.
– Oui ?! lança Sam hésitante – c'est vous qui vouliez me voir ?
– Non !?...Oui!?... pardon... en faite.... Heu...
– Oui ou non ?!
Lui après un instant d'hésitation et après bien l'avoir détaillé du regard.
– en fait j'attendais un homme, excusez ma réaction - répondit-il en venant lui serrer la main et en l'invitant à s'assoire.
– vous attendiez un homme? répéta Sam décontenancée.
– vous êtes Sam c'est ça ?
– oui, je suis Sam et vous vous êtes ?
– moi ?! oh oui pardon, je suis David Jost, bonjour! Je suis désolé en fait j'étais persuadé que...
– que j'étais un garçon, oui, vous l'avez déjà dit ça, vous avez l'air déçu ?
– non pas du tout ...mais je n'avais pas envisagé les choses sous cet angle...
– écoutez ! apparemment vous cherchiez un mec alors je ne vais pas vous faire perdre votre temps ni le miens. J'arrive à l'instant de Paris, je suis crevé, je voudrais me doucher, me changer et me poser chez moi s'il cela ne vous dérange pas trop !
Sam était très agacée et piquée au vif par la réaction du type en face d'elle. Elle se leva donc pour tourner les talons et sortir.
– non ne partez-pas, je suis désolé... (dans sa moustache) – c'est Tom qui va être comblé !
– je vous demande pardon ?
– non, restez, s'il vous plait,... Sam? S'il vous plait? en me montrant la chaise – asseyez-vous.
Sam s'exécuta pensant à Marta qui avait certainement fait des pieds et des mains pour son amie. Elle s'assit donc et lui, vint se poser sur le rebord de la table face à elle.
– alors, il paraît que vous avez peut-être un job de baby-sitter à me proposer et que c'est urgent !
David éclata de rire à sa réflexion.
Décidément ce type se payait sa tête !
– de baby-sitter ? ...non pas exactement... bien que parfois on se le demande tout de même. Ecoutez Sam on recommence tout vous voulez bien ?
De nouveau me tendant la main.
– bonjour Sam, je suis David Jost.
– bonjour David Jost, moi je suis Samantha Schaeffer mais surtout... s'il vous plait....appelez-moi Sam !
L'atmosphère s'apaisa dans la seconde suivant leur poignée de main. Ils étaient partis sur de mauvaises bases...