- Merde ! dit-il tout bas regardant successivement Sam et l'entrée de l'appartement.
- Putain mais qui a fermé ? s'éleva la voix de Gustav.
Bill se tourna de nouveau vers Sam et posa son index sur ses lèvres mimant de ne pas dire un mot. Il lui repoussa délicatement l'épaule pour l'inviter à s'étendre sur le canapé, ainsi, si Gustav entrait et ne cherchait pas à regarder par là, il n'aurait aucune possibilité de l'apercevoir, le canapé étant tourné vers la baie vitrée.
De peur qu'il entende ses pleurs, Sam mordit très fort dans un des cousins désormais recroquevillée sur le divan et essayant de se contrôler ; c'était une situation des plus mortifiantes.
Gus de l'autre côté pestait toujours.
– Bill putain c'est toi qu'a fermé à clef ? T'es con où quoi qui veux-tu qui viennes te surprendre pendant que tu fais ton affaire sur le trône , t'as peur d'asphyxier quelqu'un c'est ça ?
- attends gueule pas comme ça pas j't'ouvre ! riposta Bill à présent embarrassé par à la réflexion de son ami.
En riant Gus entra d'un pas décidé sans tourner une seule fois le regard dans la direction du salon au grand soulagement de Bill.
- pourquoi tu t'enfermes t'as peur qu'on te viole ?!
- qu'est ce qui t'es arrivé encore ? pouffa Bill dans sa main à la suite de Gustav qui se dirigeait vers sa chambre.
- à ton avis ? c'est encore ton crétin de frangin qu'est ce que tu crois ?
Le tee-shirt de Gustav était trempé de coca. Il entra donc et se dirigea vers son armoire pour en prendre un propre. Bill se trouvait toujours derrière lui accoudé à la porte.
- hum, hum... répondit-il distraitement jetant un regard par dessus son épaule. Gustav repassa devant Bill, torse nu cette fois et entra dans la salle de bain. Il jeta à terre son tee-shirt et posa ses lunettes sur le rebord du lavabo où il fit couler de l'eau.
Bill, dans l'encadrement de la porte, avait l'air immense à côté de Gustav.
- et toi qu'est ce que tu fais là tout seul et... enfermé ? se hasarda le batteur – sauf si t'es pas tout seul ! se moqua le jeune homme.
- hein ?... rien !... je... je... travaillais ma voix c'est tout !
- tu travaillais ta voix, t'as ton bocal pour ça ?! lança Gus se débarbouillant pour éliminer la boisson sucrée qui lui collait à la peau.
- et t'es obligé de t'enfermer maintenant pour travailler ta voix ?
- non... réflexe... j'ai pas fait gaffe je crois, désolé !
- t 'as pas vu Sam David la cherchait y'a deux minutes ?
- non, non... vous faites quoi en bas ? essaya Bill pour changer de sujet.
- un baby mais ton frère est un mauvais perdant ! ricana t'il. Tu descends faire une partie avec nous ?
- ouais... peut-être un peu plus tard... je dois appeler Andreas avant...
Gustav, changé, repassa devant Bill en direction de la sortie. Seulement ce que, ni Bill, ni Sam n'avaient remarqué, c'est que le reflet dans la baie vitrée du salon renvoyait une silhouette. Gustav ne pu distinguer exactement à qui elle appartenait mais il reconnu les converses de Sam qui s'y reflétaient. Il fit comme si de rien n'était et lança à Bill avant de descendre l'escalier métallique :
- prends ton temps et passe le bonjour à Andreas pour moi tu veux ?
- heu... oui ok ! répondit Bill perplexe.
Le jeune homme comprit tout de même la dernière pensée de Gus – sacré Billou va !
Bill, ses bras fins le long du corps, resta ainsi quelques secondes perdu dans ses pensées. Puis vérifiant que Gustav était bien reparti retourna vers Sam, toujours recroquevillée sur le canapé. Elle avait sa tête enfoui dans le coussin. Tout son corps était secoué de petits frémissements. Bill ne distinguait pas son visage mais il pouvait se rendre compte que le coussin était humide de ses larmes. Il la contempla un instant sans surprendre la jeune femme qui ne l'avait pas entendu s'approcher tel un chat.
Bill se sentait très maladroit après toutes ces confidences. C'était inhabituel que quelqu'un se livre ainsi à lui, surtout Sam car seul son frère Tom partageait tous ses secrets, ses angoisses. Même avec Gus et Georg il était rare qu'ils aient ce genre de conversation. Il ne savait pas comment aborder Sam sans la blesser d'avantage. Il se dit qu'il y avait longtemps que la pauvre devait ruminer son chagrin et ne pas avoir la possibilité de leur faire partager ça. Et pourtant, elle l'avait choisi lui, Bill, qui était convaincu que seul David était capable de la consoler. Pourquoi lui ?
Il s'avança plus près d'elle et s'accroupit à sa hauteur. Bill percevait son parfum qui ondulait autour d'elle : un mélange de Jasmin, de Rose et de Lila. Alors un frisson lui parcouru l'échine si bien qu'il se ravisa à lui poser la main sur l'épaule. Il essaya d'avaler sa salive mais sa gorge était sèche. Il passa sa langue sur ses lèvres pour les humidifier et s'assit sur le rebord de la table basse. Il était là, les coudes posés sur ses genoux les mains pendantes entre ses cuisses, un air préoccupé et concentré qui en disait long. Sam adorait quand Bill affichait ce visage là, quand il ne faisait pas sa "blonde " comme elle aimait à le dire, parce qu'elle craquait complètement pour lui mais se cachait bien de le montrer !
Sam essaya tant bien que mal de contenir ses larmes mais elle avait accumulé tant de ce venin qu'elle n'arrivait pas à s'arrêter ! Elle se centralisa sur sa respiration pour essayer de contrôler ses tremblements. Elle n'osait pas sortir sa tête de ce coussin qui la protégeait tel un bouclier et qui la rendait de par ce fait presque invisible ! Elle savait Bill tout prêt, elle pouvait percevoir sa présence et sa respiration lente mais elle avait terriblement peur d'affronter son regard une nouvelle fois, il devait la trouver complètement folle à présent.
Et puis elle se décida enfin à sortir de son refuge. Elle pivota lentement la tête dans sa direction. Il lui fallut un certain temps avant de le distinguer nettement. Il était là, assis à ses côtés, la mine grave et le front plissé. Dehors, c'était le "chien-loup", la nuit allait bientôt être là. La jeune femme était exténuée. Ses nerfs avaient été mis à rude épreuve et avaient fini par lâcher après ces deux jours de coma et toutes ses révélations aux garçons et surtout celles livrées à Bill. En même temps, paradoxalement, son c½ur parut s'alléger d'un immense fardeau. Elle mit un certain temps avant de se redresser face au jeune homme. Elle devait avoir une tête abominable et pourtant Bill ne sourcilla pas. Ils restèrent un instant comme ça, les yeux dans les yeux, sans mots dire. Nul besoin de parler, Sam lisait en lui comme dans un livre ouvert et elle savait à sa manière de sonder son âme qu'il en était de même pour lui. Ce qu'elle vit dans son regard l'ébranla quelque peu. Elle surprit une vague immense de désir et de chaleur l'envahir quand subtilement il s'empara de sa main et en caressa le dos de son pouce. Sam frissonna mais cette fois ce n'était pas dû aux larmes. Il lui apparut à l'esprit des images inédites et condamnées si bien que ses joues s'empourprèrent. Elle n'avait jamais éprouvé ça pour personne auparavant et elle en ignorait la signification. C'était très contradictoire. Une douce chaleur s'emparait de tout son corps et en même temps une sorte de nausée lui soulevait le c½ur.
Bill ne cillait toujours pas et ça l'effrayait (dis moi quelque chose Bill...) elle le contemplait et le trouvait si beau (non, il ne faut pas...) Il était vêtu d'une chemise blanche qui cintrait son torse frêle d'homme à peine sorti de l'adolescence. Sa position, les coudes posés sur ses genoux, cambré vers elle, laissait découvrir à sa vue son cou et la naissance de son épaule droite laiteuse et gracile. Sa main se glaça d'effroi à cette pensée et elle la retira prestement de la sienne quand elle réalisa ce qui était en train de se tramer. Elle était tétanisée. Elle désirait ardemment se lever et se sauver en courant mais elle n'y parvenait pas. Elle était clouée à son désir et enchaînée à l'attraction que Bill exerçait sur elle. (si lui ne part pas il faut que tu te montre plus forte...)
Sam était convaincue que Bill se rendait compte de la situation de confusion absolue dans laquelle elle était plongée et que cela lui plaisait beaucoup. Il odorait ça. Il avait une faculté d'attraction inéluctable sur tout son entourage et en général il était très fier de ces performances en la matière ! (je t'en prie ne me regarde pas comme ça Bill... s'il te plait...) Il adorait séduire son monde, lui et Tom étaient particulièrement habiles à ce jeu là !
Tel un aimant, la jeune femme se rapprocha dangereusement de lui et de ses lèvres si captivantes qui se présentaient à elle semblables à un fruit mûre ! Sans le quitter des yeux, sa bouche fut bientôt scellée à la sienne et à cet instant présent elle vit ses pupilles se dilater et ses paupières de fermer dans un soupir de plaisir.
Sa bouche était d'une douceur sans pareille et Sam s'abandonna à ce baiser jetant d'un coup par la fenêtre tous ses principes et en particulier celui en tête de liste qui disait "ne pas tomber amoureuse de Bill".
Les battements de son c½ur s'accélérèrent et ce dernier essaya de s'extraire à sa poitrine. Elle perdait pieds, il lui était impossible de faire marche arrière... le mal était fait, l'enfer la guettait désormais...
Bill l'agrippa par les bras et s'agenouilla devant elle. Elle se tétanisa de plus belle telle une vierge effarouchée. Ce baiser, elle l'avait imaginé plus d'une fois en observant Bill à maintes reprises mais il n'avait jamais passé la barrière de ses fantasmes et elle s'en retrouvait un peu honteuse à chaque fois.
Dans un moment de lucidité elle essaya de se dérober de son étreinte si douce. Elle posa une main sur son torse, non pas pour le repousser mais pour s'écarter de lui...
Bill, malgré son jeune age, n'était pas dupe, le corps entier de Sam vibrait sous son étreinte. Il le percevait très bien. Sans la lâcher il ouvrit les yeux et lui décocha son petit sourire en coin si craquant.
- non Bill...il ne faut pas... ! murmura t'elle dans un souffle. Sa main posée sur sa poitrine discernait les martèlements accélérés de son c½ur (et pourtant comme il serait bon de se laisser glisser...)
Sam s'évertua à fuir son regard et se leva du canapé prestement pour s'éloigner de lui. Il se leva à son tour et la retint par le poignet avant quelle soit hors de sa portée. Elle se retourna surprise et troublée. Il l'attira à lui plus fermement cette fois. Il était plus grand qu'elle d'une bonne tête et bien que très mince il arborait une force inattendue. La raison de Sam lui hurlait de déguerpir loin mais son c½ur hurlait plus fort encore de s'abandonner à lui. Tout son corps était maintenant collé au sien. Il passa une main dans ses longs cheveux et dégagea une mèche qui tombait sur ses yeux. Ses gestes n'étaient pas maladroits ainsi qu'elle avait pu l'imaginer par son manque d'expérience. Comme à son habitude il paraissait sûr de lui. La main du chanteur glissa derrière sa nuque pour attirer de nouveau sa bouche sur la sienne d'une manière des plus habile. Sa langue parvint à lui entrouvrir les lèvres et s'engouffrer dedans. Leurs dents s'entrechoquèrent un bref instant. La langue de Bill s'enroula goulûment autour de celle de Sam. Elle pouvait sentir son perçing par intermittence danser avec son palais. Elle l'empoigna fiévreusement par les pans de sa chemise car elle se sentit défaillir. Elle redouta de s'évanouir tant le plaisir que cela lui procurait était déstabilisant. Personne ne lui avait jamais donné baiser aussi profond et langoureux ! Elle avait douze années d'expérience, en théorie de plus que lui et Bill était en train de lui donner un cours magistral sur la manière d'emballer une fille !
Le jeune homme la serrait fermement contre son buste ses bras enlacés autour de son dos perpétrant ses vas-et –viens dans sa bouche et c'était divin !
Sam sentait son ventre se secouer de spasmes comme si une colonie de papillons entière tentait d'en sortir. Ses jambes devinrent coton, son sang martelait ses tempes, bouillant dans ses veines. Elle s'abandonna à la "morsure" de Bill comme jamais elle ne s'était abandonnée à personne. Il glissa ensuite lentement sa main droite sur sa cuisse et lui souleva délicatement la jambe qu'elle vint enrouler autour de sa hanche. A travers leurs jeans respectifs, elle surprit le désir ardent du jeune homme et ça l'en existait que d'avantage ! Leurs respirations étaient saccadées et haletantes. Sam se retenait de peur qu'on les surprenne cependant Bill émettait des gémissements de plaisir que la plongea dans un état second !
Il la décolla du sol telle une plume et la plaqua contre le mur jouxtant la baie du salon. Ses deux jambes désormais entouraient son bassin. La position n'était pas très confortable mais peut importait, ce baiser n'en finissait pas... Bill détacha ses lèvres des siennes (non n'arrête pas...) et descendit dans le creux de son cou son point faible.... Elle étendit de nouveau ses jambes contre lui et se cambra, gémissante sous les coups de langues sur sa peau. Il passa une main sous sa blouse et remonta doucement le long de son flanc jusqu'au dessous de son sein. Le plaisir était si intense qu'elle en éprouva comme de la douleur ce qui la ramena à la réalité et d'une manière très brutale...
