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Chapitre 3 – la mise au point

Chapitre 3 – la mise au point
Elle leur raconta donc sa vie, du moins une partie, qu'elle était diabétique depuis l'âge de 13 ans et qu'elle devait se "piquer" à l'insuline 4 fois par jour en moyenne. Ses yeux se posèrent lourdement sur le pauvre Bill. Elle avait traîné ça tel un fardeau toute sa vie et c'était pour cela qu'elle ne souhaitait pas qu'ils soient mis au courant. Se justifier perpétuellement l'épuisait. Elle ne voulait surtout pas qu'ils la voient comme une malade mais comme une fille bien dans ses baskets et dans son existence... une fille comme tout les autres ou presque !

(Merde ! Ce regard... c'est ce regard que je ne veux pas qu'ils posent sur moi...) ce regard compatissant et empli de pitié... c'était insupportable... il la renvoyait à ses années de souffrance, d'emprisonnement et de solitude. Cette partie d'elle qui depuis son retour à Hambourg, depuis qu'elle était avec "eux", avait presque été occultée et dont elle souhaitait, au plus profond de son être, finir par en "gommer" définitivement les contours ! Mais elle lui revenait en pleine face tel un boomerang lui rappelant que tout n'était pas fini et que "ça" reviendrait la cueillir au moment où elle s'y attendrait le moins : Aujourd'hui, elle avait eu son premier avertissement.

Sam admit son erreur et son manque de confiance en eux : Bill s'était senti trahi et à juste titre ! Les relations n'avaient pas très bien débuté entre eux et il lui avait fallu pas mal de temps pour ouvrir les yeux sur ce garçon qu'elle avait très mal jugé aux premiers abords puis apprendre à l'apprivoiser. Elle tentait donc désespérément de se trouver des circonstances atténuantes pour retrouver sa confiance. C'est certain, elle aussi il l'avait blessé (presque à mort) mais elle tenait trop à lui pour le perdre de cette manière, c'étais trop bête. Elle n'avait aucune envie de tomber dans un mélo mièvre et lui laisser l'impression qu'il avait de l'emprise sur elle. Elle détestait ce mot : emprise ! Comme si Bill la dominait, n'importe quoi !
La jeune femme se battait à corps défendant pour garder une contenance neutre qui ne trahisse pas les sentiments "condamnés" qu'elle éprouvait pour le jeune chanteur.

Elle était donc là, toujours adossée à l'évier les mains dans le dos pour ne pas qu'ils surprennent ses tremblements. Pour une fois ils l'écoutaient tous avec une grande attention ce qui était un exploit vu l'ardeur qu'ils mettaient à se couper constamment la parole la plupart du temps ! Lorsqu'elle eu terminé l'exposé de cette partie de son existence, elle les invita à lui poser les questions qu'ils pouvaient avoir mais rien ne vint, ils le feraient au fil de l'eau, en temps voulu supposa t'elle.

Sam s'excusa aussi auprès de David qu'elle avait fait son seul et unique complice ! Ces confidences avaient fait d'eux des "amants potentiels" aux yeux des garçons car ils se retrouvaient souvent enfermés dans le bureau, isolés à d'autres moments, mais souvent pour les mêmes raisons. David savait que son état suscité une surveillance constante et sérieuse. Il était son employeur en quelque sorte et elle lui devait "transparence" sur son état. Et puis si il lui arrivait quelque chose, il était le seul à pouvoir intervenir et savoir quoi faire sauf qu'il y a deux jours David n'était pas là quand c'est arrivé.

- c'est pourtant lui qui a fait ce qu'il fallait Sam ! le coupa Gustav.

- Quand nous t'avons trouvé et qu'il s'est rendu compte de ton état il est partit en courant chercher une seringue qu'il t'a injecté dans le bras.

Elle appréhenda mieux le pourquoi de la douleur lancinante à son réveil à l'hôpital, ce n'était pas la perfusion, c'était ce pauvre David qui avait dû mettre tout son c½ur à l'ouvrage pour lui injecter son "anti-poison" comme elle se plaisait à l'appeler, ça donnait à l'acte une dimension moins tragique.

- la seringue de glucose ?! oui c'est le remède quand j'ai un malaise dû à une hypo sévère mais à surtout ne pas faire dans le cas contraire !

- comment il a su alors ? se hasarda Bill

- l'odeur ! coupa David

- l'odeur ?! reprirent les garçons en c½ur.

- Oui l'odeur ! Sam m'avait expliqué les symptômes et j'en ai reconnu l'odeur caractéristique. Toi aussi Gustav sans le savoir !

Gustav fut surpris par la réflexion de David et au bout d'une seconde il se souvint effectivement en se penchant sur Sam comme une odeur particulière de dissolvant à ongles. Bill en utilisait si souvent que l'odeur planait régulièrement dans sa chambre ou la salle de bain, une odeur... d'acétone !

Après leur avoir, David et elle, dispensé une petite leçon de chimie et de biologie, ils les laissèrent dans le cuisine à discuter entre eux. Mais Sam leur fit promettre de ne pas modifier leurs comportements vis à vis d'elle, que cela ne changeait rien ! Depuis plus d'un an ils ne s'étaient doutés (ou presque) de rien, de ce fait il fallait que ça continue ainsi !

En sortant, David lui fit un clin d'½il entendu et lui caressa la joue du revers de la main qui voulait dire "tu vois, c'était pas si terrible que ça finalement !", et cela n'échappa pas à Bill qui observait la scène discrètement pendant que les trois autres se servaient à boire et dévalisaient les placards pour quelques "grignotages".

David avant de retourner dans son bureau lui conseilla de parler avec Bill qui culpabilisait depuis ce fameux soir alors qu'il n'était pas vraiment responsable de son état (quoi que ?!) Il lui confia que depuis son entrée dans leur "microcosme", leur vie à tous s'en était trouvée enrichie ! Ca flattait son ego !

Malgré les obstacles, Sam avait fini par se faire accepter de tous après des débuts très laborieux ! Une fille dans un groupe de mecs, un groupe de rockeurs, les bébés rockeurs comme elle se plaisait à les appeler ce qui les mettait dans une rage folle dans la majorité des cas, ça met bien souvent le bordel ! Mais elle s'était tellement "fondue " à leur mode de vie en studio, en tournée, en groupe que c'était devenu une seconde nature chez elle. Ils ne savaient pas à quel point eux aussi avaient changé sa vie ! Elle avait l'impression d'exister enfin pour d'autres que pour elle-même ! C'est vrai que bien souvent, avec Saki, ils avaient l'impression de jouer les "nounous" mais être prêt d'eux était pour elle une bouée de sauvetage !

Sa vie était devenue intéressante en enrichissante ! Malgré un planning de dingues, les nuits sans sommeil, les repas décalés, les engueulades et prises de tête, les railleries des garçons, la fatigue constante de cette vie trépidante car souvent sur les routes, elle se sentait "enfin" vivante et elle n'avait plus éprouvé cela depuis une éternité ! Avant le groupe elle ne vivait pas, elle survivait... avant le groupe... avant... Bill !
Elle secoua sa tête pour faire disparaître cette pensée absurde et tourna les talons de nouveau dans la direction de la cuisine. A mi chemin , elle croisa les jumeaux (décidément pas facile à séparer ces deux là!) Ils s'arrêtèrent à sa hauteur et à sa grande surprise Tom lui tendit sa trousse noire. Il lui expliqua que Georg avait réuni ses affaires et les avait déposé dans sa chambre. Dans un semi sourire embarrassé il s'excusa d'avoir pensé qu'elle pouvait se droguer et passa son chemin. Tom, égal à lui-même, pas le plus insupportable car la palme en revenait de pleins droits à son frère, mais de loin le plus orgueilleux de tous ! La jeune femme se fit violence et tourna sa langue sept fois dans sa bouche pour ne pas lui balancer une remarque cinglante qui n'aurait fait qu'envenimer les choses ! Habituellement c'était un jeu qu'elle adorait jouer avec lui, s'envoyer des pics à la face, mais là il lui faudrait un peu de temps pour que cela revienne, si tant est que cela revienne un jour. Elle avait l'impression d'avoir découvert un Tom sournois et manipulateur et elle détestait ça !
Bill allait suivre son frère quand elle le reteint par le poignet. Il plongea ses yeux sombres dans les siens.

- est-ce que tu veux bien m'écouter aujourd'hui ? faisant allusion à leur dernier face à face.

Il hocha la tête en signe d'approbation.

- alors suis moi !

Ils montèrent donc à l'appartement pendant que tout le monde était reparti à ses occupations. De cette manière leur absence paraîtrait inaperçue. Elle l'invita à s'installer dans un des canapés du salon. Comme à son habitude il s'installa les jambes repliées sur sa poitrine. Il avait l'air si perplexe qu'il en était bouche bée ! Cela lui donnait un petit côté "enfant qui vient de se faire gronder" et c'était à la fois touchant et troublant tant ça le rendait encore plus beau qu'il ne l'était délà !...








# Posté le jeudi 20 septembre 2007 12:34

Modifié le mercredi 03 septembre 2008 15:12

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