Chapitre 1 - Un réveil douloureux

Chapitre 1 - Un réveil douloureux
Sam entreprit d'ouvrir lentement les yeux. Elle avait l'impression d'être "la belle au bois dormant" qui immergeait après 100 années passées à dormir. Mais dans les contes de fées, la princesse se réveille fraîche comme une rose alors qu'elle, a le sentiment d'être passée sous un rouleau compresseur. Son corps est tout engourdi et endolori mais c'est son bras droit qui la faisait le plus souffrir.

Elle tenta d'ouvrir les yeux de nouveau mais rien n'y fit comme si ses paupières étaient scellées.
Elle perçut une vague de panique monter en elle insidieusement qu'elle n'arrivait pas à contrôler. Cette vague la renvoyait au pire des cauchemars de son enfance, à ce clown triste... ce clown triste au visage grossièrement blanchit dont la bouche rouge sang la terrifiait. Il la regardait et quand il lui souriait, sa bouche se tordait en une immonde grimace telle une bougie qui se consumait sous la brûlure de sa flamme. Il avait des dents aiguisés comme les lames d'un rasoir . Il s'approchait d'elle, il cherchait à l'agripper, elle essayait bien de lui échapper mais elle lévitait soudainement et courait dans le vide. Elle hurlait, hurlait encore mais personne ne l'entendait... jusqu'à ce que son père arrive et la délivre de ce mauvais rêve...

- Papa ? Où es-tu ? Je t'appelle mais tu ne m'entends pas ! Papa viens m'affranchir de ce monstre... papa...je t'en prie...

Sam discerna un chuchotement lointain...mais pourquoi n'arrivait-elle donc pas à ouvrir les yeux ? Elle saisit la tiédeur d'une main se poser sur la sienne.

Sam se retourna, le clown avait disparu...ou plutôt...il s'était métamorphosé en chat.

- Misha ? C'est toi mon Misha ?

Le petit Bleu Russe cabriolait tout autour d'elle...

Le chuchotement devint un murmure...

Misha debout sur ses pattes arrières la saisit par la main et ils partirent ainsi sur une route pavée d'or...le soleil brillait maintenant et son sentiment de panique s'était mué en sentiment de plénitude absolue...elle avançait ainsi avec Misha sifflant à tue-tête...

Le murmure devint audible et Sam crut en reconnaître la voix.

Elle se tourna de nouveau mais Misha la tirait dans la direction opposée...

- elle a bougé, je crois qu'elle se réveille... Marta... va chercher l'infirmière...

- Papa c'est toi ? où es-tu ? je t'entends mais je ne te vois pas... Papa ?


Misha la tirait toujours vers le haut du chemin mais elle résistait...

- Papa , m'entends-tu ? Papa ?

Misha lui lâcha la main et s'éloigna de sa petite maîtresse...

- Misha ? Misha ?...attends-moi !

Les paupières de Sam étaient lourdes. Lentement elle émergea de sa torpeur. Tout d'abord flou, elle eu beaucoup de mal à cerner ce qui l'entourait. Elle sentait toujours cette main posée sur la sienne mais elle ne bougea pas. Elle se concentrait à ce que sa vision devienne claire car pour le moment elle avait l'impression d'être dans un épais brouillard, de naviguer à vue et il lui était impossible d'atteindre la terre ferme. La douleur de son bras était insupportable et ses yeux se fixèrent sur cette douleur invisible et pourtant si présente.
Alors le brouillard devint brume et la brume la déposa sur le rivage...elle y distinguait des fleurs, beaucoup de fleurs. Des roses, des lices blancs et ... des soleils ?
Sam se décida enfin à regarder cette main bienveillante qui l'avait ramené à la vie...

- qui a apporté ces tournesols ?

- ma chérie enfin tu te décides à nous revenir !


- papa ça va aller maintenant... je suis de nouveau parmi vous ! essaya de plaisanter Sam mais la douleur de son bras lui arracha un petit cri aigü qui étrangla son sourire sans lui laisser aucune chance !

- bouge pas chérie Marta est partie chercher l'infirmière.

La douleur était due au cathéter qui transperçait le creux de son coude avec une perf. à l'autre bout, dont le goutte-à-goutte régulier lui rappelait un métronome.

- glucose chérie, ils t'ont mis sous glucose depuis 2 jours.

- 2 jours !
s'étrangla t'elle

ça fait 2 jours que je suis là ?

- ça fait 2 jours que tu es en coma diabétique Sam.


Marta entra avec l'infirmière. D'un pas précipité et des larmes plein les yeux elle vint embrasser goulûment la jeune femme en prenant son visage entre ses mains.

- si tu savais comme j'ai eu peur mon ange !

Elle n'avait pas besoin de le lui dire, elle en était persuadée, il suffisait de constater les cernes sous ses yeux pour s'apercevoir qu'elle était restée éveillée certainement tout le temps où elle, était partie. Ils la regardaient ainsi, tous les deux, comme s'ils voyaient l'apparition de la vierge en personne. Il s'en fallu de peu pour que Marta se mette à genoux et prie. Cette pensée lui étouffa un petit rire que son père n'apprécia guère au vu de son ½il noir.

- mademoiselle je vous délivre de ça puisque vous êtes réveillé maintenant.

- oh merci !
souffla Sam - c'est insupportable !

- je m'en doute ! acquiesça t-elle

Avec toutes les précautions et la douceur du monde elle lui retira l'aiguille du bras mais malgré tout, cela lui arracha un petit cri de douleur. Elle entreprit par la suite de lui piquer le bout du doigt. Elle déposa la goutte de sang qui s'échappa de l'extrémité de ce dernier sur la languette qu'elle introduisit ensuite dans le petit lecteur : verdict : 0.85 gr.

- c'est bien ! dit la jeune femme -enfin on revient à un taux normal ! Je repasserai plus tard avec le médecin d'accord ?

Sam hocha la tête en signe d'approbation.

- tu as été amené ici avec plus de 5 gr Sam, heureusement qu'on t'a découverte à temps car tu aurais pu mourir !

- papa ne dramatise pas encore une fois !


Sam prit soudain conscience de l'endroit où elle se trouvait : à l'hôpital. Sa chambre était baignée par la lumière du soleil extérieur, au vu de l'angle des rayons du soleil on devait être au milieu de l'après midi. La pièce était simple et blanche et ce qui la surprenait le plus c'était le nombre impressionnant de fleurs.

- où est mon frère ?

- Hayden est dehors avec les autres, on ne voulait pas qu'il y ait trop de monde autour de toi tant que tu n'étais pas réveillé.

- les autres ?


- oui... il attend avec David et les garçons...tu sais que Bill n'a pratiquement pas quitté ton chevet depuis 2 jours ?

- ce "chevelu" n'a pas voulu te quitter une minute...


- Ludwig ! s'offensa Marta – c'est tout de même eux qui ont trouvé ta fille il ne faudrait pas que tu l'oublies tout de même !

- je peux les voir papa ?


Sans attendre la réponse de son père, Marta sortit de la chambre le temps d'aller chercher les visiteurs. Le premier à montrer le bout de son nez fut Hayden. Il entra, un immense sourire aux lèvres et l'étreignit si fort qu'il fut à deux doigts de l'étouffer. Ils échangèrent quelques banalités qui cachaient en fait l'inquiétude qu'Hayden avait éprouvé durant ces 2 jours. À la suite de son frère entra David suivit de Gustav, Tom, Georg et enfin Bill. Tous avaient les bras chargés de peluches. Sam sourit intérieurement car c'était à se demander si chacun n'espérait pas faire plus gros que son voisin. Un à un, devant le regard quelque peu médusé de son père, ils vinrent, tantôt l'embrasser, tantôt l'étreindre. Bill, maladroitement, lui déposa un baiser sur la joue. Son sourire était fatigué et son teint plus pâle qu'à son habitude. De le voir ainsi lui pinça le c½ur et en même temps la soulagea. Ses dernières paroles à son encontre avaient été si blessantes...

Après cette dernière effusion il y eu un silence glacial. Tous la dévisageaient d'un air compatissant et gêné, principalement David. Pauvre David, dans quelle situation avait-elle dû le mettre ? Le seul qui était au courant pour son diabète et dont elle avait fait promettre de ne rien dire parce qu'elle ne voulait pas qu'ils la considèrent comme ça justement ; Comme une "malade" !

David brisa la glace en lui expliquant comment ils avaient faire preuve d'ingéniosité pour venir lui rendre visite à l'hôpital sans risquer de créer une émeute.
Sam les remercia pour les fleurs, les cadeaux, les attentions et tout le reste...elle était tellement heureuse de les voir... de le voir... il faudrait qu'ils aient une petite discussion tous les deux...
# Posté le mercredi 19 septembre 2007 15:41
Modifié le mardi 02 septembre 2008 16:52

Chapitre 2 - la trahison

Chapitre 2 - la trahison
- tu te souviens ce qui s'est passé l'autre soir Sam ? l'interrogea David.

La jeune femme porta discrètement son regard vers Bill, qui adossé au mur en face d'elle, l'observait également. Il était "fermé" et la lutte intérieure qu'il devait être en train de mener s'avérait très éprouvante vu la contenance qu'il essayait de se donner aux yeux des autres. Evidemment qu'elle se souvenait de ce qui s'était passé, ce n'était pas si loin que ça deux jours et elle n'avait pas perdu la mémoire, quoi qu'elle aurait certainement préféré cela que d'affronter de nouveau Bill et son hypocrite de frère. Celui-là, il ne perdait rien pour attendre !
Depuis leur entrée dans sa chambre, ses mains étaient restées bien cachées sous le drap rêche du son lit d'hôpital. Mais aucun d'entre eux n'avait relevé, aucun sauf Bill bien évidemment et ses parents qui eux, en connaissaient la raison !

Flash-back

Lorsqu' elle se décida enfin à lever son nez de son ordinateur, c'est parce que ses yeux commençaient à la piquer mais c'était surtout son estomac qui tirait la sonnette d'alarme en criant famine ! Elle se bascula en arrière sur son fauteuil et s'étira de tout son long tel un chat. Elle bailla à s'en décrocher les mâchoires sans prendre la peine de mettre la main devant sa bouche. De toute manière elle était seule ici alors qui cela pourrait-il déranger en fait ? Elle regarda l'horloge murale qui affichait 21h40. Il était temps qu'elle arrête, elle en avait assez dans les pattes pour aujourd'hui et elle avouait en avoir raz le bol de traduire les trois quarts du temps les courriers de "fans" des garçons. Ca faisait maintenant plus d'un an que ça durait ! Au début elle trouvait ça marrant mais là ça la gavait ! Toujours les mêmes choses, les mêmes interrogations, les mêmes déclarations... Elle souhaitait secrètement que les gars progressent vite en Anglais et en Français pour qu'ils fassent leurs traductions eux-mêmes et puis c'était tellement personnel que cela en devenait très gênant et même empoisonnant en vérité. Cela lui donnait l'effet d'être une éponge absorbant tout le mal-être de la plupart de ces gamines et c'était super difficile de relativiser ayant été l'une d'entre elles il y a bien longtemps... tous ces cris de désespoir heureusement ponctués parfois et même le plus fréquemment d'immenses cris d'amour ... toute cette déferlante de sentiments lui donnait la nausée (serait-elle jalouse en fait elle qui ne partageait l'amour de personne ?) Elle éteignit le micro, classa dans chaque corbeille les courriers traduits qui traînaient encore sur l'imprimante. Elle laissa ses lunettes sur le clavier et quitta la pièce.

Tout était silencieux dans l'immense bâtisse. Le seul à être resté c'est Peter, il travaillait encore dans la régie. Finalement Elle se sentait rassurée de le savoir ici car le studio lui semblait moins hostile même si elle était consciente qu'il y avait toujours un gardien pour veiller sur la "boutique". En temps normal il régnait une certaine agitation ici même à cette heure, du moins, lorsque le groupe était là !

Elle passa par la cuisine et rangea un peu ce qui traînait sur la table et le plan de travail. Elle ouvrit le frigo pour voir à cette heure ce qu'elle pourrait bien avaler ; l'alarme de son portable allait sonner à 23h pour la prise de sa "lantus" et si elle voulait ingurgiter quelque chose il fallait qu'elle contrôle sa glycémie avant. Tant pis pour ce soir, elle allait juste prendre une pomme ça ne lui ferait pas de mal ! Ca lui remplirait au moins l'estomac avant d'aller se coucher ! Elle sortit de la cuisine tout en mordant à pleines dents le fruit défendu et passa faire un petit coucou à la régie voir Peter avant de remonter à l 'appartement. Ils échangèrent quelques mots et ce dernier l'avisa que David avait appelé car ils rentreraient tard après le tournage allant dîner en ville ensuite.

De temps en temps Sam restait sur place dormir quand il était tard ou quand elle partageait quelques soirées sympas avec les garçons quand ils étaient présents mais depuis quelques mois, ils lui avaient gentiment mis une chambre à disposition dans leur appart annexé au studio qu'ils partageaient tous les quatre, à la condition qu'elle ne soit pas regardante sur leur foutoir, qu'ils respectent son intimité et elle, la leur. Elle avait sa propre salle de bain avec une douche mais comme ce soir ils n'étaient pas là, elle allait investir la leur et se relaxer dans un bon bain chaud.

Elle fit donc couler l'eau et presque immédiatement une douce vapeur chaude s'éleva de la baignoire. Elle se déshabilla, abandonnant ses vêtements sur le sol. Elle s'enroula dans un grand peignoir qu'elle attrapa sur l'étagère du haut. Elle prit soin de retirer les bracelets de cuir entourant ses poignets et les déposa sur le rebord de l'une des deux vasques.

Elle retourna rapidement dans sa chambre chercher sa trousse de toilette. Elle revint sans prendre soin de verrouiller derrière elle, ferma les robinets, vérifia la température de l'eau de l'index et après avoir tombé son peignoir, se plongea dans un pur moment de délice... Sam resta ainsi à se prélasser pendant une bonne vingtaine de minutes à s'imprégner de la quiétude qui régnait autour d'elle avant de se décider à sortir.

A cet instant, elle n'avait absolument pas remarqué ni entendu que quelqu'un venait de pénétrer dans l'appartement. Elle émergea donc de l'eau encore fumante et s'empara du peignoir pour le passer. Du plat de la main elle essuya la buée sur le miroir. Elle sursauta lorsque son portable vibra (zut déjà 23h !!!) Elle ouvrit une petite trousse noire d'où elle sortit un petit lecteur électronique. Elle attrapa son "stylo" et l'embout d'une aiguille stérile qu'elle dégagea de son enveloppe qu' elle fit attention de ne pas mettre instinctivement dans la poubelle des garçons. Elle prépara sa petite salade et se piqua le bout de l'index pour en extraire une goutte de sang qu'elle déposa sur la languette qu'elle introduisit dans le lecteur. Ce geste ça faisait plus de quinze ans qu'elle le faisait qu'il en était devenu presque insignifiant ! La jeune femme regarda le nombre qui s'afficha : 1,15 (putain je n'ai gobé qu'une pomme et j'ai plus d'un gramme !) Avant de s'injecter sa dose d'insuline, elle enfila sa petite culotte et se posa sur le rebord de la baignoire qui se vidait lentement. Elle saisit sa "lentus", la fixa sur 25 unités et amorça l'aiguille. Elle écarta un peu son peignoir l'enveloppant avant de se pincer la peau de la cuisse pour y enfoncer la seringue...

La scène qui suivit fut la pire que Sam puisse imaginer (cela m'apprendra à ne pas m'être enfermé!) Elle sursauta à l'ouverture brutale de la porte et là dans l'encadrement se trouvait Bill. Mais qu'est ce qu'il fichait là celui là ? Ils devaient tous rentrer tard ce soir ? C'était complètement irréel ! Bill fut autant surpris qu'elle car il ne savait pas qu'elle pouvait être là. Elle se redressa d'un bond, la seringue lui échappa des mains et chut sur le sol en de petits rebonds avant de finir sa course sous le lavabo.
En une fraction de seconde elle sut ce dont à quoi il pensait et la panique s'empara d'elle. Avant qu'il eut le temps de tourner les talons et de refermer la porte, Sam tendit la main pour bloquer cette dernière.

- Bill attend ! essaya t'elle de le retenir. D'une main elle s'efforça de retenir la porte et de l'autre elle s'agrippa au peignoir trop grand pour elle qui glissait de son épaule. Se retrouver nue aux yeux de Bill aurait été la goutte d'eau !

- laisse-moi t'expliquer j't'en prie... le supplia Sam.

Bill eu un sursaut de recul, sa bouche s'ouvrit en grand mais aucuns sons ne semblaient vouloir en sortir. Il était complètement anéanti, il ne voulait pas admettre que finalement Tom avait raison et que Sam se droguait. C'était impossible, pas elle ! Ca ne collait pas avec toutes les discussions qu'ils avaient pu avoir tous les deux. Elle qui ne buvait pas, menait une vie saine se révélait à Bill comme étant une "junky".

(Elle m'a trahit... elle nous a tous trahit... Tom avait raison bon dieu... et sur ce coup là j'ai pas voulu le suivre dans ses délires...)
Ses yeux se voilèrent de larmes, moins par la colère qui s'immisçait en lui que par la douleur de la trahison qui le frappait tel un coup de poignard dans l'estomac !
Ne pouvant supporter d'avantage le regard implorant de Sam, Bill baissa les yeux et son regard se figea sur l'intérieur du poignet de cette dernière qui retenait toujours la porte. On pouvait y voir distinctement une cicatrice blanche et nette.

Elle ôta promptement sa main de la porte mais il était trop tard, Bill avait vu. Il recula et trébucha se retenant contre la cloison puis disparut dans sa chambre.

Les cheveux encore dégoulinants, elle s'élança après lui. Devant sa porte elle frappa désemparée.

- Bill j't'en prie ouvre moi il faut qu'on parle... s'il te plait !

Des larmes chaudes et salées perlées sur ses joues et ses lèvres sans qu'elle puisse les retenir.

s'il te plait... laisse-moi t'expliquer...Bill... implorait Sam.

- vas t'en Sam... laisse-moi... lâcha t'il froidement de l'autre côté. Sa voix étranglée trahissait son chagrin et Sam comprit qu'il pleurait.

- Tom avait raison tu n'es qu'une junky !?

- Tom ??? ... Moi ... une junky ??? Bill ! je peux pas te parler comme ça ! laisse-moi entrer... laisse-moi t'expliquer... c'est pas du tout ce que tu crois !

Bill tremblant et meurtrit était le dos collé à la porte une main sur la poignée cependant il ne se décida pas à l'ouvrir pour entendre les justifications de Sam. Il sanglotait silencieusement face à cette image qui ne quittait plus son esprit. Celle de la fille la plus géniale qu'il connaissait en train de se "piquer" et qui venait de le trahir...

Désarmée face au déni de Bill, elle se laissa glisser contre sa porte et recroquevillée sur elle-même telle une biche blessée à mort, elle s'abandonna à l'immense flot de chagrin qui la submergeait.

- je suis désolé Bill.... Je suis tellement désolé... n'arrêtait-elle pas de répéter... je ne voulais que tu l'apprennes comme ça... je te demande pardon... Sam attendit prostrée ainsi espérant qu'il finisse par lui ouvrir mais il ne céda pas.

Au bout d'un moment elle se releva et tel au automate elle sortit de l'appartement vêtue de son simple peignoir de bain. A pas feutrés elle passa devant la régie qui à présent était éteinte, Peter était parti. Elle passa devant le studio où étaient entreposées toutes les guitares de Tom, les basses de Georg et un peu plus loin la batterie de Gustav. Au fond du couloir il y avait le studio avec le piano où elle adorait venir jouer et où Bill et parfois les autres venaient l'écouter ou se distraire avec elle.
Elle se glissa sous le grand piano à queue comme quand elle était enfant : c'était l'endroit où elle aimait se réfugier. Elle resta là, contre l'un des pieds, les genoux repliés sur sa poitrine et elle s'abandonna une nouvelle fois à son chagrin, la tête enfoncée dans ses bras croisés. Comment Tom avait-il pu mettre des choses comme ça dans la tête de son frère ? C'est vrai que depuis quelque temps il l'observait souvent d'une manière inaccoutumée mais de là à imaginer qu'elle puisse se droguer c'était délirant ! Et pourquoi ne pas être venu lui en parler ? Sam se posa des dizaines de questions qui ce soir allaient demeurer sans réponses... et elle due s'endormir vidée par son chagrin...en ayant complètement oublié son insuline...

Retour dans la chambre d'hôpital.

- Tu me fais un procès d'intention toi aussi ? répondit-elle à David qui fut surpris de la dureté de son ton.

Elle n'ajouta rien de plus... pour le moment. Elle ne souhaitait pas que sa famille soit au courant de la manière dont elle menait sa vie et son job au studio. Sam avait plus de 30 ans maintenant et elle pouvait gérer cela toute seule. Elle fut sauvée par le gong quand le médecin entra dans sa chambre et fit sortir tout le monde, "Tokio Hotel" ou pas ! Il lui expliqua qu'elle avait fait une acidocétose parce qu'elle n'avait pas pris son insuline et donc son taux dans le sang s'était effondré entraînant une perte de connaissance. Selon lui, elle pouvait sortir le soir même à condition de bien reprendre ses injections et surtout d'essayer de se reposer un peu en reprenant des horaires adaptés à ses repas et pas l'inverse. Après cette visite, elle demanda à tout le monde de rentrer, son père ronchonna un peu mais elle allait bien alors inutile de réintégrer la maison. En réalité il était impératif de revenir au studio et d'avoir une bonne explication avec les garçons.

Avant de quitter l'hôpital et de monter dans le taxi qu'elle avait fait appeler, le médecin demanda à la voir. Il voulait que Sam revienne dans quelques jours refaire des tests sanguins. Il n'avait pas l'air inquiet donc elle ne s'inquiéta pas non plus.

A la surprise de tous elle réintégra donc le studio. Un peu fatiguée, certes, mais d'attaque à reprendre ses activités, elle était payée pour ça non ?! Elle demanda à David de réunir tout le monde dans la cuisine pour avoir une explication. David voulut décliner un peu gêné par son attitude mais elle insista tellement qu'il finit par céder. A l'intérieur la jeune femme bouillait de colère à l'encontre des jumeaux et elle se fit violence lorsqu'ils entrèrent quelques minutes après pour de ne pas leur coller à tous les deux sa main dans la figure !
Tom et Bill avaient l'air plus crétins que jamais et elle jubila tout au fond d'elle-même : bien fait, c'était mérité !
Lorsque Gus et Georg vinrent s'asseoir à leur tour, elle prit quelques instants pour bien peser ses mots. David était resté debout, adossé au frigo et elle, également contre l'évier.

Comme elle ne savait pas si Georg et Gus étaient au courant de l'idée saugrenue de Tom, à savoir qu'elle puisse être une droguée, elle n'en fit aucune allusion.

Sam s'excusa de la frayeur qu'elle avait pu leur causer à tous et aussi qu'elle regrettait finalement de ne pas leur avoir parlé de son problème de santé plus tôt...




# Posté le mercredi 19 septembre 2007 16:28
Modifié le mardi 02 septembre 2008 17:11

Chapitre 3 – la mise au point

Chapitre 3 – la mise au point
Elle leur raconta donc sa vie, du moins une partie, qu'elle était diabétique depuis l'âge de 13 ans et qu'elle devait se "piquer" à l'insuline 4 fois par jour en moyenne. Ses yeux se posèrent lourdement sur le pauvre Bill. Elle avait traîné ça tel un fardeau toute sa vie et c'était pour cela qu'elle ne souhaitait pas qu'ils soient mis au courant. Se justifier perpétuellement l'épuisait. Elle ne voulait surtout pas qu'ils la voient comme une malade mais comme une fille bien dans ses baskets et dans son existence... une fille comme tout les autres ou presque !

(Merde ! Ce regard... c'est ce regard que je ne veux pas qu'ils posent sur moi...) ce regard compatissant et empli de pitié... c'était insupportable... il la renvoyait à ses années de souffrance, d'emprisonnement et de solitude. Cette partie d'elle qui depuis son retour à Hambourg, depuis qu'elle était avec "eux", avait presque été occultée et dont elle souhaitait, au plus profond de son être, finir par en "gommer" définitivement les contours ! Mais elle lui revenait en pleine face tel un boomerang lui rappelant que tout n'était pas fini et que "ça" reviendrait la cueillir au moment où elle s'y attendrait le moins : Aujourd'hui, elle avait eu son premier avertissement.

Sam admit son erreur et son manque de confiance en eux : Bill s'était senti trahi et à juste titre ! Les relations n'avaient pas très bien débuté entre eux et il lui avait fallu pas mal de temps pour ouvrir les yeux sur ce garçon qu'elle avait très mal jugé aux premiers abords puis apprendre à l'apprivoiser. Elle tentait donc désespérément de se trouver des circonstances atténuantes pour retrouver sa confiance. C'est certain, elle aussi il l'avait blessé (presque à mort) mais elle tenait trop à lui pour le perdre de cette manière, c'étais trop bête. Elle n'avait aucune envie de tomber dans un mélo mièvre et lui laisser l'impression qu'il avait de l'emprise sur elle. Elle détestait ce mot : emprise ! Comme si Bill la dominait, n'importe quoi !
La jeune femme se battait à corps défendant pour garder une contenance neutre qui ne trahisse pas les sentiments "condamnés" qu'elle éprouvait pour le jeune chanteur.

Elle était donc là, toujours adossée à l'évier les mains dans le dos pour ne pas qu'ils surprennent ses tremblements. Pour une fois ils l'écoutaient tous avec une grande attention ce qui était un exploit vu l'ardeur qu'ils mettaient à se couper constamment la parole la plupart du temps ! Lorsqu'elle eu terminé l'exposé de cette partie de son existence, elle les invita à lui poser les questions qu'ils pouvaient avoir mais rien ne vint, ils le feraient au fil de l'eau, en temps voulu supposa t'elle.

Sam s'excusa aussi auprès de David qu'elle avait fait son seul et unique complice ! Ces confidences avaient fait d'eux des "amants potentiels" aux yeux des garçons car ils se retrouvaient souvent enfermés dans le bureau, isolés à d'autres moments, mais souvent pour les mêmes raisons. David savait que son état suscité une surveillance constante et sérieuse. Il était son employeur en quelque sorte et elle lui devait "transparence" sur son état. Et puis si il lui arrivait quelque chose, il était le seul à pouvoir intervenir et savoir quoi faire sauf qu'il y a deux jours David n'était pas là quand c'est arrivé.

- c'est pourtant lui qui a fait ce qu'il fallait Sam ! le coupa Gustav.

- Quand nous t'avons trouvé et qu'il s'est rendu compte de ton état il est partit en courant chercher une seringue qu'il t'a injecté dans le bras.

Elle appréhenda mieux le pourquoi de la douleur lancinante à son réveil à l'hôpital, ce n'était pas la perfusion, c'était ce pauvre David qui avait dû mettre tout son c½ur à l'ouvrage pour lui injecter son "anti-poison" comme elle se plaisait à l'appeler, ça donnait à l'acte une dimension moins tragique.

- la seringue de glucose ?! oui c'est le remède quand j'ai un malaise dû à une hypo sévère mais à surtout ne pas faire dans le cas contraire !

- comment il a su alors ? se hasarda Bill

- l'odeur ! coupa David

- l'odeur ?! reprirent les garçons en c½ur.

- Oui l'odeur ! Sam m'avait expliqué les symptômes et j'en ai reconnu l'odeur caractéristique. Toi aussi Gustav sans le savoir !

Gustav fut surpris par la réflexion de David et au bout d'une seconde il se souvint effectivement en se penchant sur Sam comme une odeur particulière de dissolvant à ongles. Bill en utilisait si souvent que l'odeur planait régulièrement dans sa chambre ou la salle de bain, une odeur... d'acétone !

Après leur avoir, David et elle, dispensé une petite leçon de chimie et de biologie, ils les laissèrent dans le cuisine à discuter entre eux. Mais Sam leur fit promettre de ne pas modifier leurs comportements vis à vis d'elle, que cela ne changeait rien ! Depuis plus d'un an ils ne s'étaient doutés (ou presque) de rien, de ce fait il fallait que ça continue ainsi !

En sortant, David lui fit un clin d'½il entendu et lui caressa la joue du revers de la main qui voulait dire "tu vois, c'était pas si terrible que ça finalement !", et cela n'échappa pas à Bill qui observait la scène discrètement pendant que les trois autres se servaient à boire et dévalisaient les placards pour quelques "grignotages".

David avant de retourner dans son bureau lui conseilla de parler avec Bill qui culpabilisait depuis ce fameux soir alors qu'il n'était pas vraiment responsable de son état (quoi que ?!) Il lui confia que depuis son entrée dans leur "microcosme", leur vie à tous s'en était trouvée enrichie ! Ca flattait son ego !

Malgré les obstacles, Sam avait fini par se faire accepter de tous après des débuts très laborieux ! Une fille dans un groupe de mecs, un groupe de rockeurs, les bébés rockeurs comme elle se plaisait à les appeler ce qui les mettait dans une rage folle dans la majorité des cas, ça met bien souvent le bordel ! Mais elle s'était tellement "fondue " à leur mode de vie en studio, en tournée, en groupe que c'était devenu une seconde nature chez elle. Ils ne savaient pas à quel point eux aussi avaient changé sa vie ! Elle avait l'impression d'exister enfin pour d'autres que pour elle-même ! C'est vrai que bien souvent, avec Saki, ils avaient l'impression de jouer les "nounous" mais être prêt d'eux était pour elle une bouée de sauvetage !

Sa vie était devenue intéressante en enrichissante ! Malgré un planning de dingues, les nuits sans sommeil, les repas décalés, les engueulades et prises de tête, les railleries des garçons, la fatigue constante de cette vie trépidante car souvent sur les routes, elle se sentait "enfin" vivante et elle n'avait plus éprouvé cela depuis une éternité ! Avant le groupe elle ne vivait pas, elle survivait... avant le groupe... avant... Bill !
Elle secoua sa tête pour faire disparaître cette pensée absurde et tourna les talons de nouveau dans la direction de la cuisine. A mi chemin , elle croisa les jumeaux (décidément pas facile à séparer ces deux là!) Ils s'arrêtèrent à sa hauteur et à sa grande surprise Tom lui tendit sa trousse noire. Il lui expliqua que Georg avait réuni ses affaires et les avait déposé dans sa chambre. Dans un semi sourire embarrassé il s'excusa d'avoir pensé qu'elle pouvait se droguer et passa son chemin. Tom, égal à lui-même, pas le plus insupportable car la palme en revenait de pleins droits à son frère, mais de loin le plus orgueilleux de tous ! La jeune femme se fit violence et tourna sa langue sept fois dans sa bouche pour ne pas lui balancer une remarque cinglante qui n'aurait fait qu'envenimer les choses ! Habituellement c'était un jeu qu'elle adorait jouer avec lui, s'envoyer des pics à la face, mais là il lui faudrait un peu de temps pour que cela revienne, si tant est que cela revienne un jour. Elle avait l'impression d'avoir découvert un Tom sournois et manipulateur et elle détestait ça !
Bill allait suivre son frère quand elle le reteint par le poignet. Il plongea ses yeux sombres dans les siens.

- est-ce que tu veux bien m'écouter aujourd'hui ? faisant allusion à leur dernier face à face.

Il hocha la tête en signe d'approbation.

- alors suis moi !

Ils montèrent donc à l'appartement pendant que tout le monde était reparti à ses occupations. De cette manière leur absence paraîtrait inaperçue. Elle l'invita à s'installer dans un des canapés du salon. Comme à son habitude il s'installa les jambes repliées sur sa poitrine. Il avait l'air si perplexe qu'il en était bouche bée ! Cela lui donnait un petit côté "enfant qui vient de se faire gronder" et c'était à la fois touchant et troublant tant ça le rendait encore plus beau qu'il ne l'était délà !...








# Posté le jeudi 20 septembre 2007 12:34
Modifié le mercredi 03 septembre 2008 15:12

Chapitre 4 – le secret

Chapitre 4 – le secret
Sam s'installa près de lui les mains posées sur ses genoux. Elle prit une grande inspiration. Ce qu'elle s'apprêtait à lui dire allait être très pénible pour elle. Seules sa famille et sa meilleure amie Anna étaient au courant et elle s'était jurée de refermer le "livre" et de ne plus jamais en lire une seule page.

Elle ne savait pas pourquoi non plus elle était là, assise à côté d'un gosse de 18 ans à s'apprêter à lui raconter tout ça ! Un gosse ! Ça faisait des mois qu'elle essayait de s'en persuader ! Elle se refusait à admettre qu'elle pouvait ressentir pour Bill autre chose qu'une profonde admiration ou une réelle amitié ! Mais depuis plusieurs mois elle percevait une sorte de "ciguë" couler dans ses veines. Petit à petit elle la rongeait de l'intérieur et lui infectait le c½ur.

Bill, l'air grave, regardait sa jeune traductrice. Elle sentait son regard peser sur elle, même si pour le moment il lui était impossible de le soutenir.

Elle commença son récit. Elle était née prématurée à 6 mois et demi et cette époque fut très dure pour ses parents qui se battaient corps et âmes pour la maintenir en vie (façon de parler bien sûr !) Sam avait grandi dans l'incertitude de devenir une grande "personne", accumulant les problèmes de santé et ne cessant de faire des allées et retours aux urgences des hôpitaux. Cela avait eu raison du mariage de ses parents. Sa mère ne supportait plus de devoir affronter cela presque seule parce que son père, pour son travail, passait son temps entre Paris et Hambourg.

Comme pour Bill et son frère, ses parents divorcèrent lorsque elle atteignit péniblement son septième anniversaire. La seule chose positive dans tout ça c'était que ses parents étaient restés soudés au départ. Elle n'a jamais su en tout cas si c'était à cause de la culpabilité qui la rongeait de leur faire subir toutes ces épreuves, mais 3 ans plus tard, suite à une hémorragie, elle entra aux urgences de l'hôpital pour n'en sortir qu'au bout de 4 ans. On venait de lui diagnostiquer un cancer du sang très rare.

Bill ne bronchait pas. Il l'écoutait avec beaucoup d'attention, toutefois il devait certainement se demander pourquoi Sam lui racontait tout ça à lui et où elle voulait en venir !

Se furent les 4 pires années de son existence. Elle n'allait plus à l'école. Plus de sorties. Plus de vacances. Allez expliquer à une fillette de 10 ans que sa vie n'est retenue que par un fil à l'enceinte d'un l'hôpital ? Elle due subir les traitements lourds de la chimio, des rayons et d'autres médicaments expérimentaux avec des effets secondaires plus dévastateurs les uns que les autres.
Son combat, c'était de maintenir sa troupe de "petits soldats", ses globules rouges au plus grand nombre et d'empêcher les "méchants", ses globules blancs d'exterminer son armée ! Elle avait suivi sa scolarité durant toute cette époque à l'hôpital et c'est là qu'elle y avait rencontré son amie Anna. Ce fut un réel rayon de soleil pour Sam cette rencontre !

- Anna était malade aussi ? vous ne vous êtes pas rencontrés au collège comme vous nous l'avez raconté ? interrogea Bill.

- Pas tout à fait effectivement ! Nous sommes liés par ce secret, tout comme toi maintenant Bill.

Sam avait présenté Anna au groupe quelques mois plus tôt à leur dernier concert qu'ils avaient donné à Paris et lors de sa dernière venue sur Hambourg, elles avaient profité que les gars soient en studio pour faire quelques "fêtes" ensemble. Anna avait littéralement craqué pour David qui l'avait tout autant ignoré la pauvre !

Elle poursuivit en révélant qu'Anna était à l'hôpital pour une allergie au gluten et qu'elle devait rester aussi à l'hôpital à plein temps. Leurs expériences à toutes les deux les avaient rapproché et soudé et elles ne s'étaient presque plus quittées depuis !

Mais malgré cela, Sam expliqua qu'elle vécut très mal les pics de bien et de mal être dus aux traitements permanents et successifs. Pour couronner le tout, dans sa treizième année, après plusieurs malaises consécutifs et graves, les médecins ont annoncé à ses parents que les traitements lourds et incessants avaient eu raison de son pancréas et qu'elle devenait par là même, diabétique de type 1 donc insulinodépendante. Elle avait 13 ans, elle ne savait pas ce que cela signifiait. Pour elle c'était seulement le nom bizarre donné à l'un de leurs nouveaux médicaments. Ensuite ils lui ont expliqué qu'elle allait devoir, jusqu'à la fin de sa vie, s'injecter de l'insuline quatre fois par jour en moyenne et contrôler régulièrement son taux de sucre dans le sang pour pouvoir vivre normalement ! Normalement ? Ce mot ne faisait pas partie de son vocabulaire ! Il fallu donc en plus de tout le reste qu'elle apprenne à se faire elle-même ses injections et intérieurement, elle le regrettait aujourd'hui, elle espérait de toutes ses forces que de devoir faire cela "jusqu' à la fin de sa vie" signifiait ne plus avoir à faire cela encore bien longtemps.

A cet instant elle se tourna face à Bill. Elle releva les manches de son chemisier, elle ôta les bracelets de cuir qui lui enlaçaient les poignets et les tendit aux yeux de Bill.

Sam le regardait maintenant droit les yeux, dans cette position grotesque, ses avants bras sous son nez comme si elle avait à lui prouver quelque chose. Elle pleurait désormais silencieusement, elle ne pouvait pas contrôler le flot d'émotions qui la submergeait à cet instant. Elle savait pertinemment que de "réouvrir" le livre signifiait de devoir revivre l'histoire une fois encore mais il fallait qu'elle le fasse...

Bill face à son désarrois et à ce que la jeune femme venait de lui relater avait lui aussi les yeux brillants. Il était simplement ému de la voir dans cet état. De ses frêles mains impeccablement manucurées, il s'empara de ses poignets.

- Arrête... tu n'es pas obligé de faire ça !?

- Si... il le faut... je ne veux pas que tu penses de "mauvaises" choses à mon sujet Bill... c'est important pour moi que tu saches !

- Sam ... implora Bill

- Je sais que tu as vu "ça" et je tiens à t'expliquer pourquoi !

Elle reprit donc son récit. Un week-end où elle était rentrée chez sa mère, car elle pouvait parfois rentrer le week-end, elle s'était retrouvée au bord d'un gouffre sans fond ! Elle n'en pouvait plus, ce n'était plus supportable. Elle imaginait sa triste vie enchaînée pour toujours à sa Leucémie, à ce diabète et elle ne se sentait plus assez forte pour supporter tout cela. Elle rendait ses parents et son entourage malheureux ! Et puis quitte à mourir autant ne plus souffrir ainsi !
Alors elle s'était enfermée dans la salle de bain et... s'était ouvert les veines avec une lame de rasoir laissée par son père au fond d'un tiroir. Paradoxalement elle éprouva comme une sensation de plénitude à surprendre son sang s'échapper lentement de ses entailles. Elle les avait contemplé se disant que le "poison" dans son sang s'échappait enfin de son corps ! Elle allait enfin être délivrée ! Mais son sang ne s'échappait pas seul ... avec lui... il emportait son dernier souffle de vie. Sam ne mesura pas sur le coup l'impact de son geste, elle était trop jeune et déjà si meurtrie. Tout ce qu'elle désirait c'était ne plus souffrir à tout ça, pas forcement mourir... mais simplement ne plus souffrir...

A présent son corps était secoué par les spasmes de ses sanglots. Cela faisait tellement longtemps qu'elle avait réprimé son chagrin. Elle regrettait juste de se répandre ainsi sur ce pauvre Bill qui n'avait rien demandé.
Sam avait 30 ans passés et jamais elle ne s'était confiée comme ça à qui que soit ! Ses "relations" passées s'étaient toujours soldées par un échec cuisant à cause de ce côté sombre de son existante. La maladie avait fini par être vaincue mais elle l'avait marqué au fer rouge d'une manière indélébile, tels l'avaient été les esclaves autrefois pour qu'ils n'oublient jamais d'où ils venaient et leur rappeler leur condition. Les esclaves avaient fini par être affranchis... pas elle !

Bill semblait décontenancé par les révélations de la jeune femme. Depuis plus d'une année que Sam les accompagnait, il avait toujours pensé qu'elle était une nana sans histoires, qui ne se plaignait jamais, qui essayait d'arrondir les angles à chaque fois que des conflits pointaient à l'horizon, qui était toujours partante pour la "déconnade", les parties de baby-foot et leurs soirées interminables où eux, les garçons, refaisaient le monde ! Elle ne les jugeait jamais, les mettaient en garde parfois et les couvrait très souvent après leurs soirées trop arrosées ! Elle faisait partie intégrante de leur petite bande au même titre que Saki. Elle se donnait à 200% avec eux tous. Bill reconnaissait volontiers que la tâche n'était pas aisée pour elle, car la vie d'un groupe de rock ne se limitait pas à ce qu'on pouvait en lire dans les journaux ! Parfois c'était lourd à porter : la fatigue, les concerts, être sur les routes continuellement, les télé, les radio, les interviews, le sourire "Colgate" suspendu aux lèvres en permanence ! Il y a avait souvent quelques tensions entre eux mais Sam était toujours là pour les aider à relativiser... Bill en mesurait toute la dimension aujourd'hui ! Ils ne s'étaient jamais préoccupés vraiment de ce qu'était Sam avant d'arriver dans leur existence "dorée". Si elle avait un petit ami. Ca c'était pourtant un sujet qui les avait passionné quand elle avait débarqué, parce que cette fille leur avait tous peu tapé un peu dans l'½il. C'est vrai, elle était plutôt jolie mais bon c'est vrai que c'était un de leur sport favori : jouer aux jolis c½urs dès qu'une belle fille passait devant leur nez. Quoi de plus normal pour quatre garçons bourrés d'hormones mâles ! Sam était devenue le "bon pote" de la bande, elle était l'amie, la confidente, la mère parfois, la grande s½ur souvent mais jamais la petite amie chiante, caractérielle, jalouse et superficielle ! L'âge n'avait rien à voir car malgré ses 30 ans, elle en paraissait moins et pouvait se comporter fréquemment comme une gamine. Bill se remémora la fois où dans un hôtel à Moscou elle avait pourchassé Tom qui lui avait piqué tous ses soutien-gorge pour en faire une guirlande et l'avait suspendu dans la chambre de Gustav ! Ne faisant pas le poids elle avait capitulé face à lui mais n'avait pas dit son dernier mot. Profitant du concert le soir suivant elle s'était introduite dans la chambre du pauvre Tom et avait cousu tous ses boxers ensemble !
Ce dernier n'étant pas très fin après la fatigue d'un concert et quelques coupes par dessus, piqua une rage folle quand il sortit de sa douche et se rendit compte de la mauvaise blague ! Sam, les ayant Georg, Gus et lui-même préalablement mis au courant, ils s'étaient tous planqués dans sa chambre jouxtant celle de Tom et avaient piqué une énorme crise de fous rires à entendre Tom fulminer comme un beau diable !

Des anecdotes comme ça, la liste n'était pas exhaustive ! Quand ils n'étaient qu'entre eux, c'était souvent déjà très mémorable mais depuis que Sam était là, elle faisait preuve d'un grand machiavélisme et avec elle c'était toujours "½il pour ½il, dent pour dent".
Si l'un d'entre eux la cherchait, il ne fallait pas qu'il vienne se plaindre ensuite du retour de bâton souvent redoutable, mais qui finissait toujours en grandes crises de rigolades !
Tous les quatre, il fallait l'avouer, depuis deux ans que leur situation avait radicalement changé, avaient un peu pris la grosse tête. Bill le premier en avait conscience sans l'avouer. Il passait son temps à se plaindre et chouiner pour des conneries. C'était un éternel insatisfait nombriliste qui faisait passer bien souvent sa petite personne avant celle des autres. Mais les autres avaient l'habitude et même si tout le staff qui l'entourait en était conscient personne ne lui disait quoi que se soit à par David et ses trois acolytes ! Même Sam ne faisait jamais de remarques aux garçons relatives à leurs comportements. Bill se rappelait qu'elle avait dit un jour qu'ils étaient bien assez grands tous pour savoir quel était le bon comportement à adopter...

# Posté le lundi 24 septembre 2007 15:12
Modifié le mercredi 03 septembre 2008 15:25

Chapitre 5 – le baiser

Chapitre 5 – le baiser
Ils sursautèrent tous les deux lorsque se fit entendre l'enclenchement de la poignée de porte que Sam avait pris soin de verrouiller derrière eux. Elle pleurait toujours et Bill serrait toujours ses mains dans les siennes.

- Merde ! dit-il tout bas regardant successivement Sam et l'entrée de l'appartement.

- Putain mais qui a fermé ? s'éleva la voix de Gustav.

Bill se tourna de nouveau vers Sam et posa son index sur ses lèvres mimant de ne pas dire un mot. Il lui repoussa délicatement l'épaule pour l'inviter à s'étendre sur le canapé, ainsi, si Gustav entrait et ne cherchait pas à regarder par là, il n'aurait aucune possibilité de l'apercevoir, le canapé étant tourné vers la baie vitrée.
De peur qu'il entende ses pleurs, Sam mordit très fort dans un des cousins désormais recroquevillée sur le divan et essayant de se contrôler ; c'était une situation des plus mortifiantes.

Gus de l'autre côté pestait toujours.

Bill putain c'est toi qu'a fermé à clef ? T'es con où quoi qui veux-tu qui viennes te surprendre pendant que tu fais ton affaire sur le trône , t'as peur d'asphyxier quelqu'un c'est ça ?

- attends gueule pas comme ça pas j't'ouvre ! riposta Bill à présent embarrassé par à la réflexion de son ami.

En riant Gus entra d'un pas décidé sans tourner une seule fois le regard dans la direction du salon au grand soulagement de Bill.

- pourquoi tu t'enfermes t'as peur qu'on te viole ?!

- qu'est ce qui t'es arrivé encore ? pouffa Bill dans sa main à la suite de Gustav qui se dirigeait vers sa chambre.

- à ton avis ? c'est encore ton crétin de frangin qu'est ce que tu crois ?

Le tee-shirt de Gustav était trempé de coca. Il entra donc et se dirigea vers son armoire pour en prendre un propre. Bill se trouvait toujours derrière lui accoudé à la porte.

- hum, hum... répondit-il distraitement jetant un regard par dessus son épaule. Gustav repassa devant Bill, torse nu cette fois et entra dans la salle de bain. Il jeta à terre son tee-shirt et posa ses lunettes sur le rebord du lavabo où il fit couler de l'eau.

Bill, dans l'encadrement de la porte, avait l'air immense à côté de Gustav.

- et toi qu'est ce que tu fais là tout seul et... enfermé ? se hasarda le batteur – sauf si t'es pas tout seul ! se moqua le jeune homme.

- hein ?... rien !... je... je... travaillais ma voix c'est tout !

- tu travaillais ta voix, t'as ton bocal pour ça ?! lança Gus se débarbouillant pour éliminer la boisson sucrée qui lui collait à la peau.

- et t'es obligé de t'enfermer maintenant pour travailler ta voix ?

- non... réflexe... j'ai pas fait gaffe je crois, désolé !

- t 'as pas vu Sam David la cherchait y'a deux minutes ?

- non, non... vous faites quoi en bas ? essaya Bill pour changer de sujet.

- un baby mais ton frère est un mauvais perdant ! ricana t'il. Tu descends faire une partie avec nous ?

- ouais... peut-être un peu plus tard... je dois appeler Andreas avant...

Gustav, changé, repassa devant Bill en direction de la sortie. Seulement ce que, ni Bill, ni Sam n'avaient remarqué, c'est que le reflet dans la baie vitrée du salon renvoyait une silhouette. Gustav ne pu distinguer exactement à qui elle appartenait mais il reconnu les converses de Sam qui s'y reflétaient. Il fit comme si de rien n'était et lança à Bill avant de descendre l'escalier métallique :

- prends ton temps et passe le bonjour à Andreas pour moi tu veux ?

- heu... oui ok ! répondit Bill perplexe.

Le jeune homme comprit tout de même la dernière pensée de Gus – sacré Billou va !

Bill, ses bras fins le long du corps, resta ainsi quelques secondes perdu dans ses pensées. Puis vérifiant que Gustav était bien reparti retourna vers Sam, toujours recroquevillée sur le canapé. Elle avait sa tête enfoui dans le coussin. Tout son corps était secoué de petits frémissements. Bill ne distinguait pas son visage mais il pouvait se rendre compte que le coussin était humide de ses larmes. Il la contempla un instant sans surprendre la jeune femme qui ne l'avait pas entendu s'approcher tel un chat.

Bill se sentait très maladroit après toutes ces confidences. C'était inhabituel que quelqu'un se livre ainsi à lui, surtout Sam car seul son frère Tom partageait tous ses secrets, ses angoisses. Même avec Gus et Georg il était rare qu'ils aient ce genre de conversation. Il ne savait pas comment aborder Sam sans la blesser d'avantage. Il se dit qu'il y avait longtemps que la pauvre devait ruminer son chagrin et ne pas avoir la possibilité de leur faire partager ça. Et pourtant, elle l'avait choisi lui, Bill, qui était convaincu que seul David était capable de la consoler. Pourquoi lui ?

Il s'avança plus près d'elle et s'accroupit à sa hauteur. Bill percevait son parfum qui ondulait autour d'elle : un mélange de Jasmin, de Rose et de Lila. Alors un frisson lui parcouru l'échine si bien qu'il se ravisa à lui poser la main sur l'épaule. Il essaya d'avaler sa salive mais sa gorge était sèche. Il passa sa langue sur ses lèvres pour les humidifier et s'assit sur le rebord de la table basse. Il était là, les coudes posés sur ses genoux les mains pendantes entre ses cuisses, un air préoccupé et concentré qui en disait long. Sam adorait quand Bill affichait ce visage là, quand il ne faisait pas sa "blonde " comme elle aimait à le dire, parce qu'elle craquait complètement pour lui mais se cachait bien de le montrer !

Sam essaya tant bien que mal de contenir ses larmes mais elle avait accumulé tant de ce venin qu'elle n'arrivait pas à s'arrêter ! Elle se centralisa sur sa respiration pour essayer de contrôler ses tremblements. Elle n'osait pas sortir sa tête de ce coussin qui la protégeait tel un bouclier et qui la rendait de par ce fait presque invisible ! Elle savait Bill tout prêt, elle pouvait percevoir sa présence et sa respiration lente mais elle avait terriblement peur d'affronter son regard une nouvelle fois, il devait la trouver complètement folle à présent.

Et puis elle se décida enfin à sortir de son refuge. Elle pivota lentement la tête dans sa direction. Il lui fallut un certain temps avant de le distinguer nettement. Il était là, assis à ses côtés, la mine grave et le front plissé. Dehors, c'était le "chien-loup", la nuit allait bientôt être là. La jeune femme était exténuée. Ses nerfs avaient été mis à rude épreuve et avaient fini par lâcher après ces deux jours de coma et toutes ses révélations aux garçons et surtout celles livrées à Bill. En même temps, paradoxalement, son c½ur parut s'alléger d'un immense fardeau. Elle mit un certain temps avant de se redresser face au jeune homme. Elle devait avoir une tête abominable et pourtant Bill ne sourcilla pas. Ils restèrent un instant comme ça, les yeux dans les yeux, sans mots dire. Nul besoin de parler, Sam lisait en lui comme dans un livre ouvert et elle savait à sa manière de sonder son âme qu'il en était de même pour lui. Ce qu'elle vit dans son regard l'ébranla quelque peu. Elle surprit une vague immense de désir et de chaleur l'envahir quand subtilement il s'empara de sa main et en caressa le dos de son pouce. Sam frissonna mais cette fois ce n'était pas dû aux larmes. Il lui apparut à l'esprit des images inédites et condamnées si bien que ses joues s'empourprèrent. Elle n'avait jamais éprouvé ça pour personne auparavant et elle en ignorait la signification. C'était très contradictoire. Une douce chaleur s'emparait de tout son corps et en même temps une sorte de nausée lui soulevait le c½ur.

Bill ne cillait toujours pas et ça l'effrayait (dis moi quelque chose Bill...) elle le contemplait et le trouvait si beau (non, il ne faut pas...) Il était vêtu d'une chemise blanche qui cintrait son torse frêle d'homme à peine sorti de l'adolescence. Sa position, les coudes posés sur ses genoux, cambré vers elle, laissait découvrir à sa vue son cou et la naissance de son épaule droite laiteuse et gracile. Sa main se glaça d'effroi à cette pensée et elle la retira prestement de la sienne quand elle réalisa ce qui était en train de se tramer. Elle était tétanisée. Elle désirait ardemment se lever et se sauver en courant mais elle n'y parvenait pas. Elle était clouée à son désir et enchaînée à l'attraction que Bill exerçait sur elle. (si lui ne part pas il faut que tu te montre plus forte...)

Sam était convaincue que Bill se rendait compte de la situation de confusion absolue dans laquelle elle était plongée et que cela lui plaisait beaucoup. Il odorait ça. Il avait une faculté d'attraction inéluctable sur tout son entourage et en général il était très fier de ces performances en la matière ! (je t'en prie ne me regarde pas comme ça Bill... s'il te plait...) Il adorait séduire son monde, lui et Tom étaient particulièrement habiles à ce jeu là !

Tel un aimant, la jeune femme se rapprocha dangereusement de lui et de ses lèvres si captivantes qui se présentaient à elle semblables à un fruit mûre ! Sans le quitter des yeux, sa bouche fut bientôt scellée à la sienne et à cet instant présent elle vit ses pupilles se dilater et ses paupières de fermer dans un soupir de plaisir.
Sa bouche était d'une douceur sans pareille et Sam s'abandonna à ce baiser jetant d'un coup par la fenêtre tous ses principes et en particulier celui en tête de liste qui disait "ne pas tomber amoureuse de Bill".
Les battements de son c½ur s'accélérèrent et ce dernier essaya de s'extraire à sa poitrine. Elle perdait pieds, il lui était impossible de faire marche arrière... le mal était fait, l'enfer la guettait désormais...

Bill l'agrippa par les bras et s'agenouilla devant elle. Elle se tétanisa de plus belle telle une vierge effarouchée. Ce baiser, elle l'avait imaginé plus d'une fois en observant Bill à maintes reprises mais il n'avait jamais passé la barrière de ses fantasmes et elle s'en retrouvait un peu honteuse à chaque fois.

Dans un moment de lucidité elle essaya de se dérober de son étreinte si douce. Elle posa une main sur son torse, non pas pour le repousser mais pour s'écarter de lui...
Bill, malgré son jeune age, n'était pas dupe, le corps entier de Sam vibrait sous son étreinte. Il le percevait très bien. Sans la lâcher il ouvrit les yeux et lui décocha son petit sourire en coin si craquant.

- non Bill...il ne faut pas... ! murmura t'elle dans un souffle. Sa main posée sur sa poitrine discernait les martèlements accélérés de son c½ur (et pourtant comme il serait bon de se laisser glisser...)

Sam s'évertua à fuir son regard et se leva du canapé prestement pour s'éloigner de lui. Il se leva à son tour et la retint par le poignet avant quelle soit hors de sa portée. Elle se retourna surprise et troublée. Il l'attira à lui plus fermement cette fois. Il était plus grand qu'elle d'une bonne tête et bien que très mince il arborait une force inattendue. La raison de Sam lui hurlait de déguerpir loin mais son c½ur hurlait plus fort encore de s'abandonner à lui. Tout son corps était maintenant collé au sien. Il passa une main dans ses longs cheveux et dégagea une mèche qui tombait sur ses yeux. Ses gestes n'étaient pas maladroits ainsi qu'elle avait pu l'imaginer par son manque d'expérience. Comme à son habitude il paraissait sûr de lui. La main du chanteur glissa derrière sa nuque pour attirer de nouveau sa bouche sur la sienne d'une manière des plus habile. Sa langue parvint à lui entrouvrir les lèvres et s'engouffrer dedans. Leurs dents s'entrechoquèrent un bref instant. La langue de Bill s'enroula goulûment autour de celle de Sam. Elle pouvait sentir son perçing par intermittence danser avec son palais. Elle l'empoigna fiévreusement par les pans de sa chemise car elle se sentit défaillir. Elle redouta de s'évanouir tant le plaisir que cela lui procurait était déstabilisant. Personne ne lui avait jamais donné baiser aussi profond et langoureux ! Elle avait douze années d'expérience, en théorie de plus que lui et Bill était en train de lui donner un cours magistral sur la manière d'emballer une fille !
Le jeune homme la serrait fermement contre son buste ses bras enlacés autour de son dos perpétrant ses vas-et –viens dans sa bouche et c'était divin !

Sam sentait son ventre se secouer de spasmes comme si une colonie de papillons entière tentait d'en sortir. Ses jambes devinrent coton, son sang martelait ses tempes, bouillant dans ses veines. Elle s'abandonna à la "morsure" de Bill comme jamais elle ne s'était abandonnée à personne. Il glissa ensuite lentement sa main droite sur sa cuisse et lui souleva délicatement la jambe qu'elle vint enrouler autour de sa hanche. A travers leurs jeans respectifs, elle surprit le désir ardent du jeune homme et ça l'en existait que d'avantage ! Leurs respirations étaient saccadées et haletantes. Sam se retenait de peur qu'on les surprenne cependant Bill émettait des gémissements de plaisir que la plongea dans un état second !

Il la décolla du sol telle une plume et la plaqua contre le mur jouxtant la baie du salon. Ses deux jambes désormais entouraient son bassin. La position n'était pas très confortable mais peut importait, ce baiser n'en finissait pas... Bill détacha ses lèvres des siennes (non n'arrête pas...) et descendit dans le creux de son cou son point faible.... Elle étendit de nouveau ses jambes contre lui et se cambra, gémissante sous les coups de langues sur sa peau. Il passa une main sous sa blouse et remonta doucement le long de son flanc jusqu'au dessous de son sein. Le plaisir était si intense qu'elle en éprouva comme de la douleur ce qui la ramena à la réalité et d'une manière très brutale...

# Posté le vendredi 28 septembre 2007 08:23
Modifié le mercredi 03 septembre 2008 15:44